Beausobre

La peinture sur chevaux selon Blaise Bersinger

Marine Dupasquier 14.06.2018 15:06

Blaise Bersinger a présenté son spectacle « Peinture sur chevaux 2 » dans l’ambiance intimiste et feutrée de la scène du Café-Théâtre au festival Morges-sous-Rire. Qu’on se rassure, pas de canassons ni de peintres à l’horizon ; le titre du spectacle, créé il y a plus de deux ans, est improvisé et absurde. Un peu à l’image de l’univers de l’humoriste. A 27 ans, Blaise Bersinger se fait peu à peu sa place sur la scène romande, notamment grâce à sa collaboration avec Thomas Wiesel dans l’émission de la RTS « Mauvaise Langue ». Egalement animateur chez Couleur 3 et virtuose de l’impro, le romand se démarque de ses pairs et s’amuse à installer le malaise en faisant « buguer les gens ». Interview.

Blaise, tu te produis ce soir au Morges-sous-Rire, es-tu familier du festival et de la région morgienne ?

Je suis lausannois, mais je viens au festival en tant que visiteur depuis des années et c’est la troisième fois que je participe à ImproLab. Mon orthodontiste était à Morges, avant que je décide d’arrêter mon traitement. C’est aussi une ville que j’utilise fréquemment dans mes blagues. Par exemple : « - Tu pars où cet été ? - A Morges. » Directement, c’est drôle.

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Tu as un univers un peu absurde, comment est-ce que tu te l’es construit ?

Je ne me suis jamais dit que j’allais choisir un créneau et que ce serait l’absurde. Mais j’ai été biberonné aux 2 minutes du peuple de François Pérusse et c’est l’une des influences que l’on remarque le plus. C’est peut-être à cause de lui que je me suis créé ce style « pas stand-up ».

Ca t’arrive parfois d’avoir des retours de gens qui ne comprennent pas ton humour décalé ?

Ca m’est arrivé lors de représentations où les gens ne venaient pas forcément dans l’optique de voir un spectacle d’humour, par exemple lors de repas de soutien. Certains spectateurs n’étaient alors pas clients de cet humour débile. Parfois, le malaise que je créé – et qui est l’effet escompté – n’est pas compris, alors que pour moi c’est justement ce qui est drôle. Face au malaise, l’être humain n’a pas de solution et il plante.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le métier que tu fais ? 

J’adore que les gens se déplacent désormais dans le but de me voir en sachant à quoi s’attendre ou en ayant eu des échos grâce au bouche-à-oreille. De plus, je peux gagner ma vie grâce à ça et payer des croquettes à mon chat, alors c’est cool.

C’est quoi le plus important quand on est humoriste en 2018 ?

C’est de faire ce qu’on a envie de faire et de l’assumer. Je trouve le début de cette phrase pompeuse, mais à l’ère d’Internet, la sanction tombe tout de suite et n’est pas toujours agréable. On risque de mal le prendre si on est mal à l’aise avec ce qu’on fait.

Tu commences à avoir une certaine notoriété en suisse romande, comment le vis-tu ?

Je suis à un stade gratifiant qui ne me dérange pas trop. Les gens me reconnaissent parfois, mais ne se permettent pas encore de venir me faire des débriefings spontanés du style « Habituellement, je déteste ce que vous faites, mais cette fois-ci ça allait. ». Après, quand je traîne avec des humoristes un peu plus connus tels que Yann Marguet ou Thomas Wiesel, c’est parfois difficile de ne pas paraître ennuyé lorsqu’un vingtième groupe de bourrés nous accoste. 

Tu fais beaucoup d’improvisation, ça t’arrive souvent de partir dans l’impro lors de spectacles écrits ?

Dans mon spectacle, il y a des moments prévus pour l’improvisation. C’est très important pour moi car l’impro tue la routine. Je n’aime pas qu’un spectacle soit trop millimétré, ça me donne envie de démonter un spot chauffant, de le coller sur mon visage et de mourir.

Est-ce qu’il y a une raison derrière le choix du titre du spectacle ?

La Société Suisse des Auteurs m’avait demandé si j’avais un spectacle entier et pas seulement des sketches dispersés. J’ai improvisé et j’ai répondu que oui, et qu’il s’appelait « Peinture sur chevaux 2 ». Mon prochain show s’appellera probablement « Gravure sur chameaux 2 », mais je risque d’avoir les antispécistes au cul.

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