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On se bouge pour la planète

Le tri a nettement augmenté en 20 ans

Raphaël Cand 15.03.2019 14:54
Ingénieur à la Direction générale de l’environnement, Etienne Ruegg est le «Monsieur déchets» du canton. Cand

Entre 2007 et 2017, la quantité d’ordures ménagères dans le district est passée de 215 à 112 kg par habitant. Une nette diminution qui ne s’explique pas uniquement par les meilleures pratiques de la population.

Lorsque l’on jette un œil aux statistiques cantonales en matière de déchets, il y a de quoi être impressionné. Alors que la population a augmenté de 600 000 à 800 000 personnes entre 1994 et 2017, les déchets collectés par les communes en vue d’un recyclage ont quasi doublé, tandis que les incinérables ont diminué de 44%. Dans le district de Morges plus précisément, la quantité annuelle d’ordures ménagères (non recyclables) est passée de 215 à 112 kg par habitant entre 2007 et 2017. 

«Avec l’introduction de la taxe au sac,
on a observé une baisse spectaculaire des incinérables
et une petite élévation des recyclables
»

«Avec l’introduction de la taxe au sac, on a observé une baisse spectaculaire des incinérables et une petite élévation des recyclables, indique Etienne Ruegg, ingénieur à la Direction générale de l’environnement (DGE). Il y a un effet positif, mais il ne faut pas le surestimer non plus. Certes, les gens trient plus qu’avant, font davantage attention lors de leurs achats et produisent dès lors globalement moins de déchets. Mais les chiffres sont aussi grandement influencés par le comportement des entreprises qui envoient leurs déchets directement aux usines de valorisation alors qu’auparavant ces derniers étaient récoltés par les services communaux et donc comptabilisés dans ces statistiques.»

Néanmoins, la satisfaction est au rendez-vous du côté des autorités cantonales. «Le but fixé à l’horizon 2020 était une production de 243 kg de déchets incinérables par habitant et par an (173 en 2017 à l’échelle vaudoise) ainsi qu’un taux de triage de 60%. Celui-ci était de 56,8% en 2017 au niveau communal et s’élevait à un peu plus de 65% en tenant compte des apports directs des entreprises aux installations de recyclage», détaille Etienne Ruegg.

Qualité en baisse

Les objectifs quantitatifs peuvent dès lors être considérés comme «atteints ou en voie de l’être». «Les résultats sont effectivement bons en termes de quantité, analyse le «Monsieur déchets» du canton. Mais en contrepartie, une nette baisse de la qualité des matériaux qui sont collectés a été constatée. Avant l’introduction de la taxe au sac, les personnes qui triaient étaient convaincues de l’intérêt du recyclage d’un point de vue écologique. Aujourd’hui, beaucoup le font pour utiliser le moins possible de sacs taxés. Elles sont dès lors prêtes à mettre n’importe quoi dans les conteneurs.»

Ce qui a parfois des conséquences fâcheuses. «On retrouve, par exemple, des sacs en plastique dans le compost, poursuit l’ingénieur. Il est compliqué de les retirer en cours de traitement. C’est donc une menace car ils finissent leur course dans les champs des agriculteurs.»

Il est cependant autorisé de placer ses résidus organiques dans les sacs compostables prévus à cet effet lorsque vous vous rendez à votre déchetterie. Des déchetteries, justement, qui n’offrent pas toutes les mêmes services à la population. «L’article 13 de l’Ordonnance sur la limitation et l’élimination des déchets met en évidence les fractions pour lesquels la collecte est obligatoire, soit le verre, le papier et le carton, les déchets verts, les métaux ainsi que les textiles, développe Etienne Ruegg. Le reste est laissé à la discrétion des communes, leur marge de manœuvre est par conséquent importante. Chacune adapte son dispositif en fonction des objectifs de la Municipalité. Certaines localités offrent ainsi à leurs citoyens des déchetteries sophistiquées quand d’autres ont toujours quelques bennes planquées au fond d’une forêt.»

Disparités 

En fonction des moyens financiers à disposition ainsi que de leur motivation à promouvoir le tri, les autorités communales définissent donc les services proposés à la population. Ce qui explique que les habitants du district ne sont pas tous logés à la même enseigne. Les horaires d’ouverture des déchetteries peuvent fortement varier d’une localité à l’autre, tout comme les taxes forfaitaires annuelles pour couvrir les coûts liés à la gestion des déchets, qui découlent directement de la qualité des prestations. 

À lire également: Les petite gardiennes de la propreté

De plus, selon où l’on vit, il n’est pas possible d’apporter, par exemple, du sagex en vue de le faire recycler. «Les collectivités qui offrent ce service à leurs citoyens le font surtout parce que cela prend beaucoup de place dans le sac poubelle, explique l’ingénieur cantonal. Le sagex, ou polystyrène expansé, est néanmoins l’un des quelques plastiques pour lesquels il existe une filière de valorisation effective.» 

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