Miki Neeser: une morgienne en Malaisie
Miki Neeser a habité Morges avec sa famille depuis sa naissance (1974) jusqu'à son mariage. Elle et son mari ont vécu en Angleterre, en Allemagne, puis de nouveau en Suisse à Lausanne, avant de repartir cet été pour la Malaisie. Ils ont deux petites filles de 3 et 5 ans.
Clin d'oeil sur la Malaisie
Coucou les amis!
J'ai de la peine à donner des nouvelles alors qu'il y a tant de petites anecdotes et réflexions que j'aimerais partager avec vous! Je vais tout de même tâcher de vous en faire part de temps en temps, histoire de vous donner un petit aperçu de mon quotidien dans cette autre partie du monde ;-) .
La première chose qui frappe ici, c'est la conduite, alors je vais commencer par ce thème.
Jamais je n’oserai prendre le volant! C’est apparemment ce que beaucoup d’étrangers pensent en arrivant à KL – et c’est certainement ce que je me suis dit!! Non seulement la circulation est dense, mais surtout ils conduisent de manière tout à fait inconsciente! Au début, c'est super stressant, et puis peu à peu, on s'y fait. Il y a ceux qui roulent pépère au milieu, bloquant ainsi 2 voies sans aucun scrupule; il y a ceux qui se laissent emporter par la force centrifuge dans les contours et dérivent nonchalamment, à 100 km/h sur la voie d’à côté sans se soucier des autres ou ceux qui, au contraire, ont tendance à te "couper" la route; il y a les petites motos qui surgissent de gauche et de droite et zigzaguent à plein gaz entre les colonnes de voitures; il y a ceux qui sont suspendus à leur téléphones et bifurquent sans crier gars; et il y a bien sûr les fous furieux, totalement exaspérés, qui foncent et dépassent de tous les côtés (mais ceux-là c’est souvent les étrangers..hum). Le clignotant? on connaît pas, les phares? non plus (et les motards, de nuit, ça peut surprendre…), et puis j’ai découvert dernièrement alors qu’on roulait en plein déluge que les voitures ici n’ont pas d’essuie-glace arrière! même les Japonaises!?!?!?! Et après on se demande pourquoi, quand il pleut, le nombre d’accidents monte en flèche. A titre d’exemples, rien qu’hier soir entre notre maison et le centre-ville, on a vu 1 voiture dans les décors (perte de contrôle), 1 motard renversé et 1 accrochage entre 2 véhicules…
Ici, le code de la route n’est, dirons-nous, qu’une sorte de guide dont on pourrait éventuellement s’inspirer. J’ai parfois l’impression d’être une extra-terrestre paranoïaque à vouloir attacher les filles dans leurs siège-autos, alors qu’on en voit tant d’autres sautillant sur le siège avant, certains parfois même sur les genoux du conducteur ! Sans parler de ceux qui sont sur les motos, à l’avant, à l’arrière ou pris en sandwich entre les parents. Sans casque évidemment.Je me souviens qu’au début, discutant avec d’autres de la conduite, on m’avait prévenue en riant : «Soon you’ll be one of them !» Qui, moi? Jamais! Et bien…c’est surprenant comme on prend vite de mauvaises habitudes ;-) Les interdictions, c’est à peu près juste pour faire joli. Tout le monde fait comme il veut, en fin de compte. Et comme tout le monde fait n’importe quoi, ça donne quelque chose d’harmonieusement chaotique. Et on devient plus tolérant. Faut dire que la flexibilité des règles a aussi du bon ;-) Allez, franchement, qui n’a jamais éprouvé ne serait-ce qu’une once de frustration en étant bêtement stoppé à un feu rouge alors que la voie est libre? Et bien ici, ô douce délectation, on n’en tient pas compte! Je commence même à m’impatienter quand y en a un qui est trop "obéissant" alors qu’il pourrait s’infiltrer dans la circulation avec un peu d’audace! Sans encourir de risque, entendons-nous bien! Mais, alors que je savoure ma hardiesse, une petite voix s’élève derrière moi : « Maman, pourquoi t’as passé au feu rouge? » Heu….Oh, et le matin, quand je ramène les filles à l’école en pleine heure de pointe, on n’avance pas vite, mais que c’est amusant de rouler par moment à cinq files sur trois voies! Ca permet de fluidifier la circulation quand on sait que l’on prendra telle ou telle bifurcation… On transposerait la conduite d’ici en Suisse et ce serait le retrait de permis pour tous!!! Hahaha! Donc vu comme ça, il y a quand même un certain sentiment de libération à sortir parfois, avec bon sens, d’une coquille (souvent trop) rigide ;-)

Ah, et parlant du lycée français, il est perché tout au bout d’une petite rue truffée de bosses et de trous, aux abords de ce qui semble être la jungle (d’ailleurs des singes se promènent souvent dans les environs). Or, aux heures où on amène ou va chercher les enfants, c’est comme si la planète entière se réunissait sur la petite place devant l’école! Il en résulte des emboîtements dignes du tétris! Du personnel aide d’ailleurs à coordonner les va-et-vient et à parquer les voitures. La première fois, je suais à grosses gouttes alors que je manœuvrais pour imbriquer la voiture dans le petit espace qu’on m’avait indiqué. Or, notre voiture est munie de ce système prétendument intelligent qui bibipe à tue-tête et de manière continue lorsqu’on est en marche arrière. Cela, plus les senseurs à l’avant et à l’arrière qui hurlaient à qui mieux mieux vu qu’il y avait des voitures à quelques centimètres dans littéralement tous les coins, c’était une véritable cacophonie à vous donner la migraine!! C'est un moment où j'ai maudit les progrès de la technologie ;-)
Bon, voilà pour mes petites histoires du jour. J’espère que vous allez bien!
Grosses bises
Miki
Au secours, des cafards!
Chers amis, comment allez-vous? Ici la vie commence à prendre un rythme et j'essaie enfin d'étudier... Mais mon estomac est noué, j'ai passé une nuit au sommeil mouvementé et je vous dis pas le réveil! Tout ça à cause des cafards qui nous ont traumatisées, les filles et moi (Raph est en Inde), dans la salle de bains, et que j'ai dû éliminer! Quatre en tout! Et puis tout nettoyé à fond à 6h ce matin! Je suis juste dégoûtée. En forme donc pour vous parler de mes déboires entomologiques!!
Pourtant c'est vrai, chacun le sait, et je ne devrais peut-être pas me plaindre: qui dit climat tropical, dit bien sûr végétation luxuriante, et qui dit végétation luxuriante dit aussi pléthore d’insectes. Il me fallait donc m’attendre, en emménageant en Malaisie, à devoir cohabiter avec quelques petites bébêtes. Les moustiques d’abord, voraces et super agaçants (et ça gratte!!!). Mais aussi d’autres envahisseurs, heureusement rien de trop monstrueux. Après tout, notre maison n’abrite “que” de petites fourmis et d'occasionnels cafards (enfin ça dépend!).
Ceux-là, Raph les aime bien et est persuadé que ces pauvres insectes sont victimes d’une diffamation injustifiée. Peut-être. Toujours est-il que je me passerais bien de prendre la douche avec leurs petits, sous les cris et les hurlements des filles qui les regardent tournoyer dans l’eau. L’autre jour alors que je m’affairais dans la cuisine, j’ai senti quelque chose me frôler les pieds. Je regarde et… un énorme cafard était là, me chatouillant doucement les orteils de ses longues antennes! A peine le temps de pousser le hurlement de la mort et je déguerpis à la vitesse grand V! Pour revenir craintivement sur mes pas, le cœur encore tout chamboulé par la panique. La pauvre bête se trimbalait lentement, elle ne devait pas être en forme, alors prenant mon courage à deux mains, du bout du balais et de la ramassoire, je l’ai relancée dans le jardin…
Quant à “nos fourmis”, par chance, elles sont minuscules - il faut savoir regarder le bon côté des choses ;-) Or, elles sont innombrables, et très assidues au travail!
En d’autres termes, elles sont partout, partout, partout. Silencieuses, discrètes, mais non moins là, toujours à l’affût. En ouvrant les yeux le matin, souvent, qui voit-on courir sur le drap ou l’oreiller littéralement sous notre nez? Une fourmi pardi! Infatigables, elles surmontent tous les obstacles. Sur le bureau, à la salle de bains, sur les brosses à dents, dans les sacs, sur les jouets, dans les vêtements, bref à peu près PARTOUT, il y aura au moins une fourmi qui se ballade en éclaireur, à la recherche d’un butin. Et elles se promènent même sur nous! Les pièges à fourmis n’y changent rien. C’est désespérant.
Mais là où ma tolérance atteint son seuil, c’est à la cuisine. Préparer les repas en leur compagnie, ce n’est pas exactement l’idéal. C’est comme si elles se donnaient le mot. Au début, je m’étonnais de ces étranges taches noires étoilées qui apparaissaient quasi spontanément, et en regardant de plus près, découvrais avec horreur un grouillement hitchcockien de dizaines, voir parfois de centaines (!!) de ces petites fourmis affairées sur une miette ou un morceau d’aliment quelconque. Il faut dire que le talent tout à fait remarquable des filles – et en particulier la plus jeune pour ne pas la nommer ;-) – de manger en disséminant une partie du contenu de leur assiette tout autour d’elles n’aide pas! A chaque nettoyage, j’ai l’impression tout à fait désagréable de commettre un horrible génocide!
Alors je me suis armée d’un tube de mastic, ai épié les allées et venues de ces infatigables travailleuses, et ai triomphalement bouché les petits orifices par lesquels elles s’infiltraient dans notre demeure! Ha! Mais je n’ai pas jubilé longtemps: j’avais gagné une bataille, pas la guerre. Loin de là! Elles reviennent toujours, par d’autres petits trous, dans les armoires, sous l’évier, entre les catelles, dans le cadre des fenêtres, et moi à chaque fois, furieuse, je repars à la chasse avec mon tube. Parfois, narguant mon impuissance, elles ont même l’insolence d’entrer carrément depuis sous la porte de derrière et de défiler en grande pompe sur le sol!
Exaspérée, j’enrage dans notre grande cuisine, frottant, nettoyant et essuyant sans relâche sol, armoires et même contenu des armoires (!), traquant toute micro-miette ou micro-goutte jour après jour, plusieurs fois par jour. Au grand amusement de Raph d’ailleurs, qui se demande avec commisération combien de temps encore je vais pouvoir continuer à me débattre ainsi contre…la nature! Il y a bien sûr une solution, et nombre de personnes règlent ces désagréments grâce au “pest control”: il suffit de faire sprayer environ tous les 2 mois jardin et maison d’un énorme nuage de pesticides à la réglementation douteuse pour éliminer toutes les bestioles indésirables. C’est très très tentant. Mais tout à fait contraire à notre éthique écologique, n’est-ce pas?
Or, j’ai beau éprouver un peu de pitié pour les uns (au-delà du dégoût et de la phobie), et une certaine admiration pour la ténacité des autres, je vous avoue que ces insectes me poussent parfois au bord de la crise de nerfs. Alors je vous pose la question, que feriez-vous à ma place: pest control ou pas pest control?









