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Mon quartier ou ma ville
Albert Tille
Une voisine a glissé dans ma boîte aux lettres un fort beau dépliant et une invitation à partir au combat.
L’autoroute de contournement de Morges dont le projet prend forme passera près de chez moi. Je devrais donc rejoindre le «collectif pour une mobilité sans nouvelle autoroute». L’appel est tentant. De très sympathiques connaissances, et même des amis, animent ce collectif de citoyens militants. Les arguments qu’ils avancent avec un impeccable professionnalisme sont raisonnables et vertueux. N’utilisons pas les recettes du passé pour tenter de résoudre le grave problème de l’engorgement du trafic automobile. N’ajoutons pas une balafre périphérique à la balafre du centre-ville. Aménageons la troisième voie CFF et développons les transports en commun. Cent fois d’accord! Limitons la vitesse sur l’autoroute pour fluidifier le trafic et réduire la pollution. Pas de problème! Réduisons et régularisons le flot des voitures en encourageant le covoiturage et les horaires de travail flexible. Essayons! Complétons les accès et les sorties à l’est de Morges. Ces travaux, beaucoup moins lourds qu’un nouveau tracé, réduiraient effectivement le transit au centre-ville.
Le combat contre la prolifération du trafic routier est primordial. Mais il est difficile de croire à une révolution des esprits et des comportements qui réduiraient drastiquement la nuisance de l’automobile. Soyons réalistes. Le trafic entre Genève et Lausanne restera intense. Il devra bien passer quelque part. Un nouveau tracé de l’autoroute n’encouragerait pas la voiture mais libérerait la ville. Le conflit d’intérêts entre Morges et sa périphérie est donc incontournable. Chacun doit choisir son camp. Et je le dis aimablement à mes voisins dont je salue et comprends le combat. Le développement harmonieux de ma ville et de ses nombreux habitants pèse plus lourd que la quiétude de mon quartier.









