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Quarante ans de surdité, c’est assez!
Tille
Nous sommes en 1969. Le Grand Conseil intervient pour développer les écoles de musique. Le canton prendra en charge la moitié des dépenses décidées par les communes.
L’effort en vaut la peine. La musique développe la personnalité de l’enfant, elle favorise sa socialisation qui se perpétuera à l’âge adulte dans les sociétés de musique et les chorales chères à l’âme vaudoise. Quarante ans plus tard, le progrès est réel: 12 000 élèves fréquentent quelque 90 écoles créées par les communes, individuellement ou en association. Les musiciens amateurs sont de meilleur niveau. Mais cette politique de pur subventionnement a ses limites. 80% des écoles sont situées dans l’arc lémanique. Les écolages varient du simple au triple. L’accès à l’enseignement de la musique reste donc profondément inégalitaire. C’est la même chose pour le salaire des professeurs. Plusieurs d’entre eux restent au-dessous du minimum vital alors que la profession nécessite du talent et une formation exigeante.
Il est donc temps de mettre de l’équité régionale et sociale dans ce système. Le gouvernement propose d’organiser les écoles de musique du canton autour de six conservatoires régionaux, d’adapter les salaires à celui des autres enseignants, d’encadrer le montant des écolages. Le financement doit, lui aussi, être équitable. Toutes les communes devront participer à l’effort collectif en fonction de l’effectif de leur population.
Et c’est là que le projet trébuche. Les nombreuses Municipalités qui sont restées sourdes à la musique depuis quarante ans font de la résistance. Le Grand Conseil devra trancher. Sensible aux vertus de l’autonomie des communes, il pourrait avoir de la peine à les contraindre de participer à l’effort collectif. Mais on peut douter des vertus de l’autonomie lorsqu’elle consiste à payer le moins d’impôts possible quitte à profiter des dépenses consenties par les autres.










