Culture
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Deux castors à la folie complice

Sylvie Logean


THÉÂTRE Amis dans la vie comme sur scène, Gaëtan Fragnière et Pierre Nicolas, alias Bande de Suresh!, exultent sur les planches dans «Castor et Castor», dernière création des Trois P’tits Tours. Rencontre…

«Disons que c’est très bien, mais que c’est pas forcément ce qu’on cherche…» En une phrase, le cadre est posé. Première création de la compagnie «Bande de Suresh!»,Castor et Castorest une comédie décalée et drolatique sur la quête du sens. De quoi? On l’ignore, et c’est bien là que réside tout le potentiel comique de cette pièce au canevas aussi structuré que déjanté. Durant près d’une heure et quart, Castor (Pierre Nicolas) et Castor (Gaëtan Fragnière) se lancent dans une série d’expériences à la recherche d’une réalité à la nature incertaine et totalement opaque pour le spectateur. Mais, finalement nul besoin de savoir ce que tentent de comprendre nos deux compères, leur recherche vaut à elle seule le détour. De la perplexité initiale au délire final, l’on se retrouve rapidement plongé dans un univers où tout devient possible. Et la complicité évidente des deux comédiens, qui se révèle autant dans le scénario que dans le jeu scénique (très soutenu) n’enlève rien au plaisir.

- Vous êtes amis de longue date, colocataires, pourquoi avoir voulu monter sur les planches?

- Gaëtan Fragnière: Nous avons fait beaucoup de théâtre ensemble, j’avais notamment mis en scène Pierre dansLa cuisine d’Elvis. Suite à cela, nous avons vraiment voulu faire quelque chose à nous deux, afin d’être sur un même plateau avec nos délires et un texte qui nous touche directement.

- Pierre Nicolas: Gaëtan a longtemps cherché un texte qui nous parlerait, nous avons vu de nombreuses pièces, sans succès. Puis un auteur s’est rapidement imposé en la personne de Sébastien Grosset du Club des Arts.

- Comment s’est passé le travail d’écriture?

- G. F: Sébastien Grosset a tout de suite accepté de nous écrire une pièce, mais il ne voulait pas se lancer seul, afin d’être au plus proche de ce que nous sommes. C’est pourquoi nous avons débuté sur un intense travail d’improvisation.

- P. N: Nous sommes partis une semaine à la fin 2009 dans les Cévennes, pour réaliser ce travail d’impro et d’écriture. Puis tout s’est enchaîné très rapidement.

- Votre jeu semble très spontané, à la limite de l’improvisation, est-ce le cas?

- G. F: C’est vrai, mais contrairement aux apparences, nous ne laissons pas de place à l’improvisation sur scène, le texte est même très écrit. A tel point que les moindres onomatopées de la pièce sont couchées sur le papier.

- P. N: L’écriture est très naturelle, elle nous correspond vraiment, d’où peut-être cette impression.

- Le rythme est également très important dansCastor et Castor. Sans trahir les nombreuses surprises du scénario, le début de la pièce part sur un long silence, n’est-ce pas trop dur à jouer?

- P. N: C’est vrai que c’était un peu effrayant au début, mais en réalité c’est super agréable à jouer. De plus cela entraîne le spectateur dans la même réflexion que nous, cela fixe les choses dès le départ.

- Vous attendiez-vous à un tel potentiel humoristique?

- G. F: Sincèrement, une fois que nous avons commencé à répéter, nous nous demandions comment les gens allaient réagir. Nous sommes donc les premiers étonnés à ce que ça soit si drôle au final, d’autant plus que nous n’avons fait aucun compromis dans nos choix.

- P. N: En effet, le côté drôle représente une sorte de couche de vernis, ce qui n’empêche pas que certaines choses plus sérieuses soient dites.

- En tant que compagnie, quels sont vos prochains projets?

- P. N: Eventuellement de jouer ce spectacle à l’extérieur.

- G. F: Et surtout de continuer à donner du plaisir aux gens!

 

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