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Du cloporte à la lumière carillonnante
Sylvie Logean
La résidente de Colombier et compositrice Hélène Zambelli, présente sa nouvelle création «Le carillon du cloporte» aux Trois P’tits Tours, en première partie des Quatre doigts et le pouce de René Morax.
Dépasser les frontières des influences musicales… D’un menuet de Mozart aux accords argentins d’un tango passionné, les bruits courants comme prémices d’une véritable symphonie: Hélène Zambelli explore toutes les pistes harmoniques sans exception. Guidée dans cette quête mélodique par sa voix intérieure, de celle qui émerge du fond du cœur et de laquelle naissent des airs intimes jusque-là enfouis au fin fond d’un jardin secret. Des compositions personnelles et vibrantes désormais exposées à la scène, sous une lumière aussi blanche que la carte qui a été donnée à la musicienne au sein du théâtre morgien des Trois P’tits Tours.
Voyage entre ciel et terre
Nouvelle création de la pianiste, Le Carillon du Cloporte nous transporte dans un univers aussi terreux que solaire, au sein de compositions d’où émerge une complicité musicale évidente entre les instrumentistes; au cœur d’une partition écrite autant qu’improvisée. Dans le creux du bandonéon d’Alain Ray et sous l’archet de Sara Oswald, qui accompagnent magnifiquement Hélène Zambelli, naissent des volutes musicales où les voix se mêlent à l’unisson, se complètent à l’envi.
Sous les planches, c’est tout un microcosme qui prend alors forme. Le trio nous invite à emprunter le chemin nocturne d’un petit crustacé de terre, voguant sous sa carapace. Aux bruits initiaux, aux frôlements à peine perceptibles d’un discret violoncelle, succèdent des envolées lyriques et musicales, conviant le mélomane présent à un voyage entre deux polarités, entre ciel et terre.
Se faire violence
Au bénéfice d’un parcours musical inscrit dans des repères classiques, Hélène Zambelli cultive également la composition depuis son plus jeune âge. Des parents plongés dans le milieu artistique lui permettent très tôt d’ouvrir différentes portes, de plonger dans divers univers musicaux.
Enseignante de français et de musique durant une dizaine d’années dans un collège secondaire, ce sont des rencontres déterminantes qui poussent finalement la jeune femme à se consacrer à son art: «Claude-Inga Barbey m’a notamment beaucoup encouragée à faire de ma passion mon métier. Je me suis donc lancée et voilà trois ans que je suis indépendante, explique Hélène Zambelli.
Depuis la musicienne travaille pour différents projets scéniques en Suisse romande, de même que pour des commandes au cadre posé dès l’origine, au style musical bien défini. «C’est la première fois que l’on m’offre une carte blanche sans aucunes contraintes. C’est incroyable, mais ce n’était pas très rassurant au début», s’amuse la pianiste.
Dans un premier temps la compositrice doit se faire violence. Comme un cloporte qui se roule en boule, Hélène Zambelli peine à exposer ce qu’elle est sur scène. Se sentant aux Trois P’tits Tours comme dans une famille, elle trouve néanmoins rapidement la confiance nécessaire: «C’était un problème de vivre mes impulsions sur scène. Maintenant je prends cela comme une chance. Et puis avec Sara et Alain tout va de soi. On arrive naturellement à faire émerger de nouvelles choses dans la spontanéité.»









