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Quand l’humour se conjugue au féminin

Sylvie Logean


Nathalie Devantay et Myriam Demierre, respectivement de Cossonay et de Chexbres, se produiront au caveau d’Echandens les 11 et 12 juin dans le cadre du festival Morges-sous-Rire. Découverte de deux femmes que la passion du théâtre a poussées vers l’écriture d’un premier one-woman show.

Non, l’humour n’est pas une affaire d’hommes. Et oui, la région regorge de découvertes et de talents! Preuve en est avec Nathalie Devantay et Myriam Demierre. Points communs: les deux femmes signent non seulement leur premier one-woman show mais également leur baptême à Morges-sous-Rire. Et là ne s’arrêtent pas les ressemblances. En effet, celles qui se sont rencontrées grâce à la programmation du festival d’humour morgien peuvent se targuer d’un parcours étrangement similaire. Toutes deux formées initialement au métier d’agent de voyage, c’est très rapidement que les deux mères de familles sont appelées par l’attrait irrésistible des planches.

Les deux femmes rêvent de se former professionnellement à l’art de la scène, mais c’est finalement au sein de troupes amateurs que Nathalie Devantay et Myriam Demierre trouveront de quoi satisfaire leur envie de jeu. Ultime forme d’accomplissement, et à force d’encouragements, les comédiennes en arrivent à écrire leurs propres one-woman shows, Le complexe de Cendrillon pour Nathalie Devantay et L’école des mères pour Myriam Demierre, durant lesquels elles interprètent divers personnages plongés dans des histoires proches de leur vie de femme et de mère. Interview croisée de deux femmes de tempérament:

 

- Vous avez fait beaucoup pour le théâtre amateur dans la région. Comment en vient-on à se lancer dans un one woman-show?

- Nathalie Devantay: Depuis toute petite, j’ai toujours adoré le théâtre. A cette époque je faisais déjà des sketches sur scène lors des concerts du petit chœur de l’école. Je me voyais déjà faire de la scène mon métier et monter à Paris. J’ai d’ailleurs tenté, sans succès, l’entrée au Conservatoire de Lausanne. Un échec qui m’a déçu mais qui ne m’a pas découragée pour autant. Par la suite, j’ai commencé à écrire des textes et faire des mises en scènes pour des troupes amateurs, tout en gardant l’idée d’un one-woman show dans un coin de ma tête. C’était un peu un défi pour moi de me retrouver seule sur scène, je voulais voir ce que cela pourrait donner. J’ai finalement fait le pas à l’occasion d’une soirée cabaret organisée avec deux amies et pour laquelle j’ai monté 1 h 30 de spectacle. Ma plus grande surprise est d’avoir été sélectionnée au concours des jeunes talents du Festival du Rire à Montreux et d’avoir gagné la finale.

- Myriam Demierre: Depuis l’école, j’ai toujours eu envie d’écrire et de faire rire. L’idée d’être seule en scène s’est forgée petit à petit, mais cela faisait longtemps que cela me titillait. Avant de me lancer dans le one-woman show, j’ai notamment fait partie d’un trio d’humour, les «Zagarik», nous avons fait quelques scènes ouvertes et des festivals off. Parallèlement j’écrivais beaucoup, mais comme je trouvais ça nul, je m’infligeais une certaine autocensure! Il a fallu que je voie un jour le monologue d’un ami sur scène pour que je me décide enfin, ce fut comme une décharge nécessaire. J’ai donc contacté le café-théâtre de la Voirie à Pully pour réserver la scène une année plus tard. Je savais ce que je voulais dire mais je n’avais encore rien écrit. Seule sur scène, je m’éclate à fond, même si on ne peut jamais se reposer sur quelqu’un.

- La scène romande de l’humour compte majoritairement des hommes, comment se sent-on lorsque l’on est une femme dans ce milieu?

- Myriam Demierre: Il est difficile de trouver du travail dans le milieu du théâtre. D’autant plus lorsque l’on est une femme, car nous sommes beaucoup plus nombreuses que les hommes sur le marché et les rôles féminins sont limités. Dans l’humour, c’est pile l’inverse. J’ai parfois l’impression d’être une extraterrestre, même s’il commence à y avoir de plus en plus de femmes. En général nous sommes chouchoutées et ça fait du bien.

- Vos spectacles relatent le destin de femmes et de mères au sein de situations très réalistes, quelle est la part d’autobiographie dans tout ça?

- Nathalie Devantay: Le syndrome de Cendrillon raconte l’histoire d’une femme qui attend désespérément son prince charmant. Ne le voyant pas venir, elle fait appel à un «personal coach», se sert d’internet, fait du speed dating. Un jour, par hasard, elle finit par le rencontrer sur un banc. S’ensuit toute l’histoire du couple de l’accouchement à la rupture. Même si je suis moi-même mère et séparée, ce spectacle n’est pas autobiographique. Je me suis servi de deux trois éléments du quotidien, mais j’essaie plutôt de parler de choses qui sont communes à tous. Ce spectacle s’adresse autant aux femmes qu’aux hommes d’ailleurs.

- Myriam Demierre: Dans L’Ecole des mères, j’ai souhaité retracer une année scolaire vue dans les yeux d’une maman. On y voit la galère d’une mère qui tente de se débrouiller avec les nouveaux horaires, les nouveaux profs et les innombrables contraintes. J’ai voulu dépeindre les choses comme elles étaient sans pour autant faire de l’humour bête et méchant. Mais c’est vrai que j’ai vidé mon sac face à tout ce qui avait pu m’énerver dans la scolarité de mes enfants. Dans le spectacle, il y a des choses tellement grosses que les gens peinent à croire qu’elles se sont vraiment passées, et pourtant c’est du 100% vécu!

- Que représente pour vous le festival Morges-sous-Rire?

- Myriam Demierre: Tout! C’est comme un rêve inaccessible qui se réalise beaucoup plus tôt que je n’aurais pu imaginer. C’est un truc complètement fou et génial!

- Nathalie Devantay: Faire partie de la programmation du festival est quelque chose d’extraordinaire pour moi. Ce festival est génial car il donne l’opportunité aux artistes de montrer l’intégralité de leur spectacle sur scène. Et pour la petite histoire, je passais justement devant Beausobre quand Jean-Marc Desponds m’a appelé pour me demander de participer à Morges-sous-Rire.

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