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Un saltimbanque attaché à sa terre
Sylvie Logean
Mondialement connu à Morges, Gérard Demierre va mettre en scène le spectacle «Deux décis d’Odysée» qui parcourera la région de fin aoûtà fin septembre. Une façon de célébrer le pays qui ne cesse de l’inspirer au quotidien.
De son appartement au bord du Léman, où il vit depuis plus de 30 ans, l’homme se plaît à contempler sa région, comme muse éternelle et source d’inspiration quotidienne. Une région qu’il aime par-dessus tout. Pour ses terroirs, ses habitants et ses diversités… Sa passion pour les planches a pourtant conduit Gérard Demierre à parcourir les terres du Vieux-Continent d’Est en Ouest. De Madrid à Berlin, en passant par Paris et Milan, jusqu’à Erfurt en Allemagne, où il a dernièrement monté plusieurs œuvres pour l’Opéra. Gérard Demierre n’en finit pas d’explorer, de se nourrir des influences du monde, de se renouveler.
Retrouver ses racines
Depuis quelques semaines le metteur en scène s’en est allé encore un peu plus loin, à la découverte de l’art ancestral du théâtre indonésien. Une forme de retour aux sources artistiques aux confins de la Terre, pour finalement mieux revenir dans son port d’attache, sur son sol d’adoption qu’il célébrera lors de la chaude période estivale avec son dernier spectacleDeux décis d’Odyssée, qu’il monte avec la collaboration de Blaise Hofmann et René Falquet.
A l’image d’un Ulysse qui revient de son long périple pour redécouvrir son pays, Gérard Demierre va se lancer dès la fin du mois d’août au sein d’un voyage théâtral, véritable odyssée homérique en terre vaudoise. Ce dernier va ainsi passer de villages en villages, de châteaux viticoles en châteaux viticoles, du Mont-Tendre au port de Morges, afin d’observer la région de son point culminant à ses racines aquatiques.
Le tout au rythme des roulottes et d’un spectacle itinérant digne de la Commedia dell’Arte. Car, siDeux décis d’Odysséecouronne la réunion des districts d’Aubonne, de Morges et de Cossonay, il insufflera également au pays morgien un vent de latinité, si cher à ce Fellinien dans l’âme.
«Avec ce spectacle, je souhaitais retrouver l’esprit des saltimbanques et des bateleurs qui haranguaient la foule, comme cela se présentait au XVIIe siècle. Notre but est d’aller à la rencontre des gens qui font la région. Nous voulons pouvoir échanger des histoires de manière populaire et festive, retrouver les racines et les appartenances des habitants du district. »
Le credo de Gérard Demierre dans cette aventure? L’échange. «Nous sommes ouverts à des initiatives de personnes qui voudraient se produire avant le spectacle, par exemple. Cela rendra cette épopée encore plus vivante et interactive. Dans ce sens, René Falquet et Blaise Hofmann vont également suivre l’aventure au jour le jour et seront prêts à faire bouger le spectacle au gré de la météo ou de l’actualité politique. »
Une vie de saltimbanque
Cet attachement au monde du théâtre de rue et aux comédiens itinérants, Gérard Demierre le cultive depuis ses plus tendres années, alors que son père, Roger, est employé aux CFF. Saltimbanque, il le devient alors un peu lui-même: Fribourg, Cottens, Delémont… le petit rouquin n’en finit pas de déménager.
Une situation digne d’un éternel recommencement, surtout lorsqu’il est question de se faire une place parmi les autres enfants. Mais qui lui permet aussi de se forger des souvenirs qui ne le quitteront jamais. «Les trois roulottes deDeux décis d’Odysséeme rappellent mon enfance passée dans les gares. Je me souviendrai toujours du moment où la caravane ferroviaire de Knie arrivait aux abords du quai à 3 heures du matin. Je pouvais alors entendre les éléphants, c’était magique!»
On ne le répétera jamais assez: Gérard Demierre ne s’arrête jamais… Les projets le font vivre. C’est pourquoi, après Ulysse, le metteur en scène n’aura d’yeux que pour Pénélope, le spectacle qui commémorera le 70e anniversaire des Mouettes. «Une belle continuité qui prouve que l’on peut faire des choses ensemble dans la région. »
Biographie express
1949:Naissance à Fribourg
1962:Rôle de Poil de
carottes à Delémont. Décide de devenir comédien
1971:Suit l’enseignement du Piccolo Teatro à Milan
1975:Année d’étude à l’Ecole nationale du cirque de Paris
1979:Naissance de son fils, Vincent
1986: Mise en scène du spectacle du 700e anniversaire de la ville de Morges. S’y installe
1989:Création du Petit Théâtre
2000:Prix de l’Eveil culturel du canton de Vaud et Prix culturel de la ville de Morges
2005:quitte la direction du Petit Théâtre
2009:Mise en scène de la comédie musicale «Les Misérables»









