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Une fabrique d’illusions pour célébrer le théâtre

Sylvie Logean


Le Morgien Gazus Gagnebin a installé depuis dix ans son atelier de construction de décors au cœur de la ville. Découverte d’un véritable passionné de la scène.

L’art de la débrouille, Gazus Gagnebin connaît bien. Installé depuis presque dix ans dans son atelier de la rue Saint-Louis à Morges, le concepteur de décor avoue sans détour avoir appris au contact de la scène et de ses coulisses. Car, mis à part un amour immodéré pour le théâtre, rien ne prédestinait le Morgien à monter sur les planches pour en dessiner les contours.

Photographe un peu las de son métier, Gazus Gagnebin découvre l’envers du décor théâtral au Petit Théâtre de Lausanne, un beau jour de l’an 1990. Ce qui allait devenir un lieu incontournable du jeune public en est alors à ses fondements les plus originaux. «Tout en continuant mon métier de photographe, je faisais déjà pas mal de théâtre en amateur dans le cadre des Trois P’tits Tours ou de one-man-show. Puis l’opportunité s’est présentée de devenir responsable technique au Petit Théâtre. Quand j’ai débuté, les plâtres étaient à peine essuyés et les sièges pas encore construits. »

Initialement dévoué à la création de lumières et à la partie technique, Gazus Gagnebin s’érige peu à peu comme créateur de décors.

«Le Petit Théâtre cherchait un constructeur, lorsque nous en avons trouvé un, celui-ci a posé comme condition que nous participions avec lui. Voilà comment je me suis lancé. Durant quatre ans, mon temps s’est partagé entre le travail en atelier et la continuité du montage sur scène. »

En tant qu’ancien photographe de publicité, maîtriser l’art de la lumière est une chose, concevoir un décor de A à Z en est une autre… Pas de quoi toutefois effrayer Gazus Gagnebin. «A priori, c’est vrai qu’il faudrait être menuisier, mais j’adore bidouiller! Et puis j’ai énormément appris sur le tas en 11 ans d’expérience au Petit Théâtre».

Désormais, et depuis près de 10 ans, le constructeur a retrouvé Morges comme point d’ancrage, prenant ses quartiers dans l’ancien chantier naval familial. Le bouche à oreille aidant, les projets ne tardent pas à se succéder. A l’image des décors pour lesBabibouchetteset lesBidoumssur la TSR, ceux du Musée Forel, des Trois P’tits Tours ou encore dernièrement desMisérablesà Lausanne.

«J’apprécie énormément de pouvoir travailler pour le théâtre et ce avant tout pour le côté direct que cela implique. J’aime l’incertitude liée aux représentations, savoir que tout peut arriver, que ça ne sera jamais exactement la même chose chaque soir.

Si j’ai des anecdotes? Je vis rarement dans le passé, donc il m’est parfois difficile de me rappeler de ce que j’ai fait d’une année à l’autre. Je me souviens néanmoins du moment où nous avons construit une énorme tête de truie pour Marie-Thérèse Porchet dans le cadre d’Expo. 02. Ça a aiguisé la curiosité de tout le quartier et cela reste un excellent souvenir!»

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