William White, le Ben Harper suisse
Camille Destraz
William White était cette année le seul chanteur suisse à jouer sur la grande scène du Paléo. Nous l’avons rencontré juste avant son concert.
L’avant-dernier jour du Paléo, il y avait le ciel nuageux, les copeaux couvrant la boue pour une partie de la soirée, mais le soleil faisait cruellement défaut. Heureusement, William White était là! Lumineux, il aura avantageusement remplacé l’astre solaire pour les spectateurs de la grande scène. Sa musique chaleureuse, sa voix envoûtante, son groupe efficace et ses compositions qui font mouche en ont fait en quelques années notre Ben Harper national (il ne cache d’ailleurs pas son admiration pour l’excellent chanteur américain).
Né à la Barbade, revenu en Suisse à l’âge de 19 ans, William White habite sa musique aux couleurs reggae, folk, funk et soul. Avec ses trois albums sous le bras, plusieurs tubes à son actif («Take it or leave it», «Sweet love»), il bénéficie d’un très beau succès et d’une reconnaissance des deux côtés de la barrière de rösti, et un peu partout en Europe. Pas gagné pour tout le monde! En coulisses, à quelques heures de son concert, il répond à nos questions, affichant une certaine nervosité derrière son apparence décontractée, barbe et cheveux en bataille…
– William, vous avez sorti votre album «Freedom» en juin, quel a été l’accueil du public?
– Il a été positif, mais je ne me préoccupe pas vraiment des résultats de vente… Ce n’est pas mon truc.
– Vous avez enregistré ce disque dans un wagon aménagé en studio. Pourquoi?
– Après deux albums, j’ai décidé de m’offrir ça. Je n’avais plus envie de partir enregistrer loin de chez moi. Je n’aime pas partir, d’autant plus depuis que j’ai des enfants. Maintenant, si je déménage, je peux prendre mon studio tel quel!
– Sur scène, vous restez toujours assis pour chanter et jouer de la guitare. Pour quelle raison?
– Je souhaite que les gens viennent pour ma musique. Pas pour me voir faire le show, ou me voir danser!
– Où se situe votre préférence? Festival ou salle de concert?
– Disons que pour moi, une bonne année est plutôt avec plus de concerts en club et moins de concerts en festival. Les festivals sont très chouettes, mais prennent beaucoup de temps… Il faut venir tôt, attendre, rencontrer des journalistes (il sourit)…
– Vous avez fait plusieurs premières parties importantes, laquelle a le plus compté pour votre carrière?
– Celle de Ben Harper! J’ai eu un bon contact avec lui. Cela fait juste du bien d’être entouré de musiciens comme ceux-là, qui respectent ce que tu fais.
– En tant que Bernois, quel est votre rapport avec la côte lémanique?
– Ma femme est lausannoise! Donc je connais un peu la région et je parle un petit peu français. Mais je joue moins ici qu’en Suisse alémanique. Donc les gens sont un peu plus excités de me voir en concert dans cette région, puisque c’est plus rare…










