Le Chemin de la Glacière à Vufflens-le-Château
Sylvie Logean
Un nom, une rue
A quelques encablures de son imposant bourg, la commune de Vufflens-le-Château abrite en son sein un chemin qui semble bien mal porter son nom en cette période estivale. En effet, au cœur des vignes verdoyantes se niche le chemin de la Glacière qui débute à la fin du chemin de la Balle pour s’achever, quelques centaines de mètres plus bas, sur la route du Village.
A première vue ce tronçon de route n’apparaît pas spécialement ombragé et il n’y règne pas non plus un froid tenace, alors pourquoi donc les autorités de l’époque ont-elles choisi de baptiser ainsi cette chaussée?
L’explication de ce petit mystère tient dans la présence, il y a fort longtemps, d’une infrastructure dont les vestiges ont aujourd’hui disparu. A l’époque où les congélateurs et autres frigos n’existaient pas encore, Vufflens-le-Château était dotée d’une glacière artificielle construite non loin du chemin ainsi nommé. Ce genre de constructions, inspirées par les glacières naturelles telles que présentes à Saint-George ou à Saint-Livres, servait à entasser la neige et conserver aussi longtemps que possible la glace extraite afin de pouvoir s’y approvisionner en toute saison.
Apparues dès l’Antiquité, ces infrastructures particulières sont initialement construites près des grands châteaux et des abbayes, mais elles ne tardent pas à se développer dès la Renaissance et au cours du XIXe siècle où de grandes glacières urbaines font également leur apparition.
Au XXe siècle, la production de glace industrielle et l’apparition des frigos, condamne les glacières artificielles qui sont peu à peu détruites, abandonnées ou encore reconverties en fosses à purin, musées ou autres chapelles.
Si des vestiges de glacière artificielle ne sont plus visibles à Vufflens-le-Château, les curieux peuvent toujours se rendre à Allaman ou l’on trouve encore la partie basse de la structure d’une glacière probablement construite au XVIIe siècle.










