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Départ entre amertume et satisfaction
Sylvie Logean
Le Municipal radical Michel Grivel ne briguera pas un nouveau mandat au printemps. A 66 ans, il compte profiter de sa liberté. La campagne est désormais lancée.
Morges
Le monde politique est une valse à deux temps. Un ballet incessant composé de départs et d’arrivées. En ce sens, la politique régionale n’échappe pas à la règle. Les médias se font certes actuellement l’écho des tribulations propres au Conseil fédéral, mais n’oublions pas que Morges a également débuté la course qui mènera la ville vers les élections de 2011.
Dans la danse morgienne, le premier retrait annoncé est celui du Municipal radical Michel Grivel. A 66 ans, et après 13 ans au service de la collectivité, le responsable du patrimoine est très clair sur ses intentions : il est temps de laisser la place à plus jeune. Rencontre chaloupée entre une pointe d’amertume et la satisfaction du devoir accompli.
- Michel Grivel, pourquoi renoncer à briguer un siège au sein de la Municipalité en 2011 ?
- Après 26 ans de services en tant que commandant des pompiers puis au sein de l’exécutif, j’aspire désormais à davantage de liberté. Je veux profiter de mon temps pour marcher, lire, faire du voilier ou encore classer ma grande collection de timbres. On m’a officiellement demandé de relancer ma candidature en me disant que je pourrais arrêter après un ou deux ans si je le souhaitais. Mais à mes yeux, cela revient à tromper le citoyen. Si l’on s’engage pour une législature, il faut le faire jusqu’au bout.
- A l’aube de votre départ, quels sont les moments forts qui auront marqué votre mandat politique ?
- Quand je suis rentré en 1998 à la Municipalité le syndic Eric Voruz, qui représentait la majorité de gauche, m’a demandé de reprendre les finances dont l’état était catastrophique. Ce que j’ai accepté du bout des lèvres. Le secteur comprenait son lot de casseroles, mais, nous avons réussi à trouver des solutions avec l’aide de l’équipe en place. Deux législatures plus tard, les finances assainies, la gauche m’a repris ce secteur pour le confier au dernier venu, le socialiste Eric Züger. Sans porter de jugement sur les compétences de ce dernier, ce geste m’a énormément touché. La façon dont cela a été fait m’a laissé une grande amertume. Je suis même passé proche de la dépression durant cette période.
- Et comment avez-vous rebondi suite à cette déception ?
- Eh bien, j’ai repris le dicastère du patrimoine. Dans ce cadre, j’ai eu de nombreux projets très marquants m’apportant énormément de satisfaction, à l’image du chalet Silvana, de l’agrandissement de la Gracieuse ou encore de la rénovation du Temple. Et j’ai également repris la direction des écoles car personne ne voulait de ce secteur à la Municipalité.
- Vous avez vu les finances vous échapper, puis vous avez repris des dossiers que personne ne voulait, Pensez-vous avoir fait beaucoup de concessions ?
- Oui. Je considère avoir été très gentil pendant ces douze dernières années. Durant toute cette période il n’y a finalement eu qu’une seule rupture de collégialité. J’ai toujours privilégié le débat en amont et la recherche de consensus plutôt que d’attaquer publiquement un point de vue.
- Comment voyez-vous la partition politique morgienne pour les années à venir ?
- Je constate qu’il est toujours plus difficile de trouver des jeunes. Aujourd’hui, il est ardu de concilier la vie professionnelle et un mandat politique à 50 %. Et il est également difficile aux mères de famille de s’organiser au niveau des horaires. Dans ce sens il faudrait certainement renforcer les structures d’accueil. Je crains que la cause politique n’attire que des préretraités. Quand on a 35 ans, on voit les choses différemment, on a de l’énergie pour encaisser les coups. A 70 ans, il est difficile d’avoir de nouvelles idées.









