commander la photo
Eléonore hurle enfin à la Lune!
Camille Destraz
Native de Reverolle, la jeune femme sort son premier CD. Rencontre
La femme de la semaine
Vous ne connaissez peut-être pas encore Eléonore, cette chanteuse à la voix sensuelle, aux yeux bleu azur et à l’humour ravageur. Mais cela ne saurait tarder… A peine sorti du four, son tout premier disque est déjà sur les ondes de toutes les radios romandes. «Hurle à la Lune» pique juste là où il faut. Textes magnifiquement ciselés, arrangements surprenants tantôt electro tantôt épurés: la fille de Reverolle a vraiment réussi son pari. Mais ce projet n’est pas tombé du ciel. Il aura mis dix ans à éclore. C’est en effet en 2001 que, «traînée par une copine», elle a chanté Barbara au caveau de l’Hôtel de Ville à Lausanne.
Chansons pop et coquines
Un premier contact, suivi par l’écriture de sa première chanson qui, elle, est inspirée par un événement affectif difficile à digérer. «Jamais je ne m’étais dit que je savais écrire!» avoue Eléonore. C’est que la trentenaire avait, depuis l’enfance, jeté son dévolu sur les créations visuelles. «A l’âge de 5 ans, j’avais construit une machine à enlever les cœurs de pâquerettes!» raconte-t-elle en riant. Diplômée de l’Ecole supérieure des Arts déco, spécialisée en bijouterie et création d’objets, la belle a exposé ses installations sonores et interactives au Mudac. Lorsqu’elle se tourne vers l’écriture, elle réalise que «écrire, c’est comme créer un objet. Ma formation en bijoux m’aide pour écrire mes textes!»
En 2008, cap sur Berlin, où elle compose et joue avec un petit groupe. De retour en Suisse une année plus tard, elle fait le vide, et décide de se consacrer à la musique. Habituée des arrangements piano-voix, elle cherche quelqu’un qui l’accompagnera vers la pop-folk. Et tombe sur Jérémie Duciel, qui répond totalement à ses attentes. «Un petit miracle!» Si elle a collaboré avec ce Jérémie-là, elle a réalisé son disque à l’écart de son frère chanteur Jérémie Kisling. «Dans la famille, on s’aime, mais je voulais faire ça seule et je suis fière de moi.»
Fane de Philippe Katerine et des Rita Mitsouko, Eléonore sait ce qu’elle se veut. «En tant que femme, je n’ai bossé qu’avec des mecs, mais c’est moi le chef!» lâche-t-elle dans un éclat de rire contagieux. Ses deux chansons érotiques en espagnol, elle n’hésitera pas à les proposer dans les pays hispanophones. «Mais je n’oserais pas les chanter en français! Quand je les ai fait écouter à des amis espagnols, ils m’ont dit: «Si tu vas chanter en Amérique latine, prends des gardes du corps!»» D’ici là, ce sont bien les Romands qui risquent de tomber sous le charme de celle qui hurle à la Lune…










