Julien Doré: «Le succès, je m’en fous»
PIERRE MASSON
MUSIQUE Phénomène de la chanson française, Julien Doré s’est produit mercredi à Beausobre devant une salle presque comble. Rencontre…
Morges - Julien Doré entamait mercredi à Morges la dernière partie de sa tournée Ersatz, après avoir écumé les festivals cet été, dont Paléo, qu’il avait enflammé sous le chapiteau. Une série de dates que le chanteur à la crinière blonde, toujours bien entouré sur scène, attend avec une excitation non feinte.
- Vous démarrez à Morges une tournée d’une vingtaine de dates. Dans quel état d’esprit?
Sereinement. On a fait une pause de plus d’un mois et je me réjouis de remonter sur scène, de retrouver toute l’équipe, le bus et l’ambiance d’une tournée. Etre sur scène, c’est essentiel pour un artiste. C’est une manière de rendre vivante sa musique.
– Que connaissez-vous de la Suisse?
Pas grand-chose… Un peu Lausanne. L’an dernier on a fait une date au Docks, on a pu visiter le quartier mais le soir même on repartait déjà. Le public suisse? Il a toujours été excellent même s’il n’est pas foncièrement différent. L’ambiance dépend moins de la nationalité des gens que de la salle et du contexte.
- A quoi faut-il s’attendre pour cette tournée?
On a cherché à renouveler notre spectacle en modifiant le jeu de scène, en trouvant de nouveaux arrangements pour les morceaux. On a aussi intégré de nouveaux instruments, tel un orgue. On avait juste envie de se faire plaisir, de remettre les choses à plat. Au niveau de la setlist, on a retiré quelques reprises pour privilégier de nouveaux morceaux qu’on désire tester sur scène.
- Comment définissez-vous votre musique?
Je ne sais pas… Je préfère que les gens la définissent eux-mêmes. Qu’ils retrouvent ce qu’ils voudront bien retrouver.
- Refus des compromis, liberté artistique, provocations: vous avez un côté rock assez affirmé. Où se situe la frontière avec la chanson française?
On me catalogue artiste chanson française parce que… je chante en français. Après, j’ai effectivement une énergie qui me rapproche du rock. Mais bon. Savoir où se situe la frontière entre ces genres musicaux, ça ne m’intéresse pas, ou en tout cas, je ne me pose pas la question en ces termes.
- Vous vous montrez audacieux dans vos choix artistiques. N’avez-vous pas peur de décontenancer l’auditeur?
Je fais de la musique avant tout pour moi. J’en faisais avant la Nouvelle Star, je n’ai pas été transformé en entrant dans un tube cathodique. Je n’ai jamais écrit un morceau en me demandant s’il allait marcher, en pensant aux ventes. A vrai dire, le succès commercial, je m’en fous. Je n’ai pas eu à faire de compromis pour l’instant, j’ai cette chance là, mais peut-être que je le devrais un jour, je ne sais pas…
- Vous avez un public assez hybride non? Des familles qui regardaient la Nouvelle Star mais pas seulement…
Il y a effectivement des gens d’univers musicaux très différents et de toutes les générations. Mais ça ne me pose aucun problème. Je serais un peu con si c’était le cas… J’ai juste le sentiment de pouvoir être utile et de donner un peu de bonheur. C’est un privilège.









