Kroum, l’anti-héros des Trois P’tits Tours
Sylvie Logean
Comédie satirique et humaniste de l’auteur israélien Hanok Levin, «Kroum l’ectoplasme» sera prochainement jouée sur les planches du théâtre morgien. Une grosse production qui a demandé un investissement important de la part de toute l’équipe.
Morges
Fruit d’une intense recherche débutée il y a une année, d’un casting sans répits, d’un travail sans relâche, le théâtre des Trois P’tits Tours a enfin trouvé son anti-héros dans le texte.
Personnage insatisfait ne sachant comment réaliser ses aspirations, Kroum l’ectoplasme prendra vie sous les projecteurs de la scène morgienne dès la mi-novembre. Pour ce faire, il a dû revenir dans son quartier, plus précisément chez sa mère, après avoir vaguement tenté sa chance à l’étranger. Las, non seulement il a échoué, mais il y retrouve également ses amis d’antan sous les traits de Doupa-la-godiche, Tougati-l’hypocondriaque, Trouda-la-bougeotte, ou encore Shiktt le taciturne. Autant de personnalités qui aspirent sempiternellement aux mêmes rêves, tout en étant dramatiquement conscientes de leurs limites.
Personnages émouvants et drolatiques
Sous sa plume corrosive et réaliste, l’auteur israélien Hanock Levin offre ici une belle palette de personnages aliénés à la troupe morgienne. Comédie satirique aussi burlesque que réaliste, aussi féroce qu’humaniste, Kroum l’ectoplasme décrit le quotidien de joyeux éclopés de la vie, possédés par la peur de s’ennuyer, d’être seul, de mourir, ou encore d’être dévorés par le mirage tant convoité de la réussite sociale.
Au grès de deux mariages et autant d’enterrements, le spectateur ne peut que se retrouver dans cette galerie de caractères émouvants, lucides et drolatiques, se sentant coincés par autant de préceptes que l’éducation, l’origine sociale ou encore la famille et le monde dans sa globalité.
«Je suis tombée sur ce texte qui m’a immédiatement enchantée, confie Nathalie Prod’hom, metteur en scène. J’ai ressenti un désir presque irraisonné de monter cette pièce, qui, à mes yeux, convient très bien à la troupe des Trois P’tits Tours. Kroum est un texte d’une extrême liberté de ton qui m’a beaucoup ému et beaucoup fait rire tout à la fois.»
Grosse production
Entourée d’une équipe de choc qui avait notamment déjà collaboré avec elle sur Le songe d’une nuit d’été (A l’image de la scénographe Julie Chapallaz et du compositeur Stéphane Paccaud) , Nathalie Prod’hom s’est particulièrement plu à explorer le registre du burlesque contemporain tel que conçu par Levin. Et ce également en raison de la part de défi que comporte la mise en scène d’une telle pièce. En effet, avec 35 tableaux et plusieurs lieux à son actif, Kroum l’ectoplasme se révèle au final l’une des plus grosses productions du théâtre morgien (près de 60 000 francs de budget). Outre cet investissement financier important, elle met également en avant le travail considérable réalisé par l’intégralité de l’équipe concernée par le projet. A l’instar du décor impressionnant où le moindre objet a été chiné ou encore les masques et costumes réalisés par Nadia Cuénoud, transformant chaque acteur en personnage haut en couleur.










