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L’art de restaurer un Stradivarius
SYLVIE LOGEAN
MUSIQUE Le luthier Alexis Schilbach donnera samedi une conférence sur son travail de réparation d’un Stradivarius de 1690. Un concert est également prévu avec l’instrument en question.
Morges
Dans son atelier morgien, ouvert depuis presque une année, Alexis Schilbach cultive l’art de la précision. Sur sa table de travail, un violoncelle un peu las repose, prêt à passer entre les mains du luthier expert en restauration. Du bout de sa volute, une perspective sur le lac s’ouvre, laissant imaginer les sons graves qui s’envoleront une fois la fracture réparée. Vieux d’une centaine d’années, il ne fait nul doute que ce violoncelle allemand vibrera à nouveau, à l’image des nombreux instruments qui lui ont déjà précédé dans cet atelier.
Perfection du geste
Perfectionniste et passionné, Alexis Schilbach n’en n’est pas à son coup d’essai. La recherche constante du mouvement parfait, du détail historique, ou de l’outil le plus adapté, ont donné sûreté et précision aux doigts agiles du luthier. A tel point que le geste est devenu sensoriel, capable d’être réalisé à l’aveugle.
Pièces d’exceptions
Ce savoir-faire a conduit l’artisan à travailler sur des pièces d’exception, notamment un violon de 1730, du luthier vénitien Domenico Montagnana, ou encore un Stradivarius de 1690, assuré au prix d’environ 800 000 francs et restauré en 2001 à Berlin, où le luthier d’origine allemande a réalisé une partie de sa carrière.
Face à de tels projets, Alexis Schilbach garde néanmoins les pieds sur terre. «Quand je travaille, je conserve une certaine distance. Je me comporte de la même manière face à un instrument bas de gamme ou un Stradivarius, explique le luthier. Quelle que soit sa valeur, chaque instrument demande une grande concentration. Avant de me lancer, je réalise toujours une esquisse de la restauration sur papier, afin d’avoir tous les détails en tête et être conscient des moindres gestes effectués. Une fois dans l’action je dois être absolument sûr de ce que je fais, et l’expérience compte pour beaucoup. Quand le travail est fini je me sens comme libéré, heureux de pouvoir confier à nouveau l’instrument à son propriétaire. »









