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La liberté au bout des mots
SYLVIE LOGEAN
LITTÉRATURE - Présente au Salon du livre, l’auteur Laurence Verrey a sorti dernièrement son dernier ouvrage. Amoureuse des lettres, la Morgienne trouve son bonheur dans le partage de la langue et les valeurs familiales.
Par ses mots tournoyants, son style aérien contrastant avec des récits terriens, narratifs et empreints de réalisme, l’écrivain crée un monde imaginaire composé de dualités sans cesse renouvelées. La vie et la mort se côtoient au gré des saisons qui s’alternent. A la chaleur de l’été, la parure dorée des épis de blé, l’odeur enivrante des glycines, s’oppose l’ombre et les tons froids de l’hiver.
Au fil des pages, l’imaginaire cède parfois la place à l’évocation biographique. Laurence Verrey laisse ainsi davantage parler le je , dévoilant son for intérieur, sa démarche et son quotidien. Un je mouvant aux formes multiples, s’exprimant tant par lui-même que sous les traits d’une foule de caractères forts et attachants.
Découverte et libération
«L’une des œuvres de Ramuz s’intitule Adieu à beaucoup de personnages, ici c’est plutôt Bonjour à beaucoup de personnages!, s’amuse l’auteur. Le moi est cru, nu et vrai tout en étant complètement projeté dans d’autres existences, tel un fond humain inépuisable. Auparavant j’avais déjà eu cette envie d’entrer dans un moi éclaté allant renaître ailleurs. C’est toutefois une découverte récente dans ma démarche d’écriture. »
Dernier-né d’une série de dix ouvrages poétiques, Une brève transe de cailloux apparaît comme une sorte de libération pour Laurence Verrey. Admiratrice de la démarche surréaliste, l’écrivain y laisse parler sa prose, parfois par association libre, telle une écriture automatique surgie des méandres de l’inconscient.
«Ecrire ce livre s’est révélé être un véritable bonheur. J’ai été à la fois surprise et très étonnée de constater que ça venait naturellement, comme si tout ce que je possédais en moi ne demandait finalement qu’à sortir. Il suffisait parfois d’un simple déclencheur comme les glycines du jardin, le désordre de ma chambre ou une petite phrase, pour que ça parte tout seul, confie l’auteur. Cela contraste avec le travail poétique, lent et rigoureux, que l’on peut remanier à l’infini comme l’on polirait un cristal. »
Figure maternelle
En filigrane, l’ouvrage de Laurence Verrey fait également transparaître l’importance de la figure maternelle, alliant fécondité et charnel. Un aspect par ailleurs fondamental dans la vie de l’écrivain, tout comme le monde spirituel.
«Je viens d’une famille solide. En même temps je me sentais extrêmement seule, un peu comme en exil. Depuis 30 ans je goûte au bonheur d’avoir recréé, avec mon mari et mes trois enfants, une famille unie où l’échange est roi», s’émeut la poète.
Français en jeu
Outre ses activités d’écrivain, Laurence Verrey participe également aux activités de l’antenne morgienne de l’association Français en jeu, vouée à l’enseignement de la langue de Molière aux personnes d’origines étrangères. Créée il y a presque 10 ans, cette antenne connaît un joli succès puisqu’elle compte près de 200 élèves et plus de 40 nationalités différentes. «Cette activité me plaît énormément tant pour l’enseignement que pour l’échange avec les participants et la découverte des cultures. C’est très stimulant et enrichissant », constate cette dernière. S.LN









