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La passeuse d’émotions avec Anne Richard

Virginie Gerhard


Actrice de télévision, de théâtre et de cinéma, Anne Richard ajoute une corde à son arc avec un nouveau spectacle de contes originaux. L’actrice a élu domicile à Beausobre pendant quatre jours pour peaufiner la mise en scène. Rencontre.

Un rire éclate dans la pénombre du Théâtre de Beausobre. Sur scène, la pétillante Lausannoise Anne Richard en pleine répétition de son prochain spectacle «Contes et légendes pour petits et grands» qu’elle jouera le 4 décembre dans la célèbre salle morgienne. Une grande première pour cette habituée des plateaux de télévision qui joue depuis 13 ans le rôle de la juge Nadia Lintz dans la série Boulevard du Palais sur France 2. «Je joue également au théâtre mais toujours avec une troupe. Jamais je ne me serais imaginée un jour seule sur scène», dit-elle.

Le pas, elle décide de le sauter depuis qu’elle s’est trouvé un intérêt particulier pour les contes. Tout a commencé grâce à son frère, Jean-Marc: «Blaise Héritier le directeur du corps de musique de Bulle voulait faire Pierre et le Loup mais il lui manquait une partie de spectacle, il a proposé à Jean-Marc d’écrire des textes originaux sur un autre ensemble musical et mon frère m’a ensuite confié cette mission.»

Cette expérience sera une révélation pour l’actrice. En 2009 sort un premier album de contes pour enfants, suivi d’un deuxième en mars de cette année, ainsi qu’une série de lectures dans des classes d’Apples par exemple. «La suite logique était de créer le spectacle pour accompagner mes lectures», dit-elle.

Son projet va se concrétiser grâce à Roxane Aybek, la codirectrice du Théâtre de Beausobre. «Elle m’a proposé de venir lire mes contes sur cette scène et j’ai dit oui immédiatement», explique-t-elle le sourire aux lèvres.

Car jouer à Beausobre, la comédienne en rêvait depuis longtemps: «Ce lieu est magique et toute l’équipe est formidable. J’ai eu beaucoup de chance, avec les vacances scolaires j’ai eu l’occasion de pouvoir venir travailler l’atmosphère lumière directement sur place.» En effet, depuis lundi l’actrice a élu résidence au théâtre pour quatre jours, où elle enchaîne des journées de répétitions de plus de 10 heures.

 

Faire passer un message

Sur scène, petits et grands pourront découvrir quatre contes, dont trois écrits par Anne Richard. Tous contiennent un message fort. Ainsi derrière l’histoire du Petit prince des rues se cache une réflexion sur la guerre et les murs qui séparent les peuples. Mais cette vocation pédagogique n’était à la base pas voulue: «Je fais cela malgré moi, car nous les acteurs, nous ne sommes que des passeurs d’émotions. Mais c’est aussi agréable de pouvoir susciter la réflexion de temps en temps.»

C’est d’ailleurs un peu pour cette raison que l’actrice a choisi d’avoir une mise en scène très sobre: «Je ne voulais pas de quelque chose de chargé avec des costumes et des décors gigantesques. Les jeux de lumières et les sons suffiront aux enfants à créer eux-mêmes un monde imaginaire.»

On la sent à l’aise comme un poisson dans l’eau lorsqu’elle évoque ce monde féerique: «Les petits ont cette capacité à pouvoir s’imaginer tout un univers et ils sont sans préjugés», dit-elle. Elle-même n’a pas d’enfants, mais explique partager de beaux moments avec ses neveux. «Je ne suis pas à plaindre; j’aurai 300 bambins à moi toute seule l’après-midi de la représentation», dit-elle en riant.

Si l’aventure se passe bien elle envisage de reproduire le show à travers la Suisse et la France pendant une tournée. L’Hexagone où elle vit désormais: «Je me sens Suisse et Française car je vis à Paris depuis 20 ans. J’ai la rigueur suisse, cette exigence bien de chez nous. Mais aujourd’hui je ne pourrais pas me passer d’une ville qui bouge comme Paris. J’aime l’effervescence qui y règne.»

Une effervescence qui règne aussi dans sa vie, puisque la comédienne avoue avoir beaucoup tourné cette année, dont un film cet été à Genève inspiré par Jean-Jacques Rousseau. Quant au Boulevard du Palais, il occupe 6 mois de son année. «Dans le privé il faut pouvoir trouver un conjoint qui a le même métier ou qui puisse comprendre les exigences de ce travail», dit-elle tout en restant mystérieuse sur sa vie privée. Pourtant, elle rassure: «J’ai toujours du temps pour voir ma famille et mes amis. je rentre souvent en Suisse.» D’ailleurs à l’heure ou ses lignes sont publiées, elle a rangé ses contes dans ses valises pour s’envoler vers un lieu ensoleillé. La destination? Motus et bouche cousue…

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