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A la rencontre de Paderewski


Le metteur en scène Gérard Demierre projette de fédérer les Morgiens autour de l’opéra «Manru» de Paderewski dans une version française de René Morax. Le financement reste à trouver.

 

En 1986, le 700e anniversaire de la Ville de Morges avait été l’occasion de fédérer les Morgiens autour de grandes manifestations, dont «La Nef dans la Ville» et «Reflets du Lac», spectacles mis en scène par Gérard Demierre. Vingt-cinq plus tard, le metteur en scène devenu Morgien, caresse un autre projet fédérateur: monter la version française de «Manru», le seul opéra qu’a composé Ignace Jan Paderewski.

Une portée de l’opéra figure d’ailleurs sur le socle de la statue de Paderewski qui veille sur l’Hôtel de police et le bouteiller communal à la Maison de Seigneux. Et rappelons que le Centre culturel abrite un musée qui perpétue la mémoire du pianiste, compositeur et homme d’état polonais (1860-1941) qui résidait à Riond-Bosson.

A propos de son opéra, Paderewski écrivait notamment: «Lorsque je composais «Manru», j’ai essayé de suivre un juste milieu entre l’opéra de Wagner et l’opéra italien. Je me suis efforcé de conserver dans les parties vocales le style des arias italiennes, tant que les scènes lyriques le permettaient. A l’orchestre, j’ai offert une musique dramatique dans un style wagnérien. Je considère que la forme idéale d’un opéra se trouve entre l’école de Wagner et les compositeurs italiens.» (Extrait du No 30 des Annales Paderewski. Réd.)

Si Gérard Demierre s’intéresse à «Manru», c’est non seulement parce que l’opéra aborde un thème (l’immigration) qui est toujours d’actualité, mais aussi parce que la Société Paderewski a trouvé, dans les archives du dramaturge René Morax, une traduction française. «J’aimerais monter cet opéra en français, ce qui n’a jamais été fait, en exploitant le potentiel morgien», explique l’homme de théâtre qui souhaite réunir chanteurs et musiciens locaux autour de l’œuvre. «Et ce serait l’occasion d’utiliser la fosse d’orchestre du Théâtre de Beausobre», lâche-t-il en aparté. Fosse qui n’est guère fréquentée, il faut en convenir.

Du rêve à la réalité, il y a une marge de l’ordre de 300 000 à 400 000 fr. Car tel est le budget de cette création… qui aurait pu marquer de Morges un 725e anniversaire complètement occulté.

 

«Requiem» de Mozart

Pour l’automne 2012, Gérard Demierre monte au Théâtre du Jorat à Mézières le «Requiem» de Mozart sous forme théâtrale. L’ouvrage, qui marque le jubilé de l’Ensemble choral de La Côte que dirige Christophe Gesseney, est déjà sur le métier: «C’est deux ans de boulot!» précise Demierre.

«Mozart n’a pas composé son «Requiem» comme un oratorio où tous les morceaux doivent être enchaînés, explique Demierre. Il prévoyait de les intégrer dans une cérémonie où certaines pièces seraient séparées de la suivante par des interventions de plein chant, des lectures ou des actions liturgiques.» Aussi Demierre a-t-il écrit neuf interventions théâtrales, sous forme de rumeurs interprétées par les choristes. Rumeurs qui s’intercalent entre les treize séquences musicales. Mozart est mort après avoir composé huit séquences. «Ce sont ses élèves qui ont terminé le «Requiem». Mais ils étaient tellement formatés par le Maître que c’est quand même sa musique», souligne Demierre.

 

Première

Mais avant le «Requiem», Demierre aura mis le feu à la plus que centenaire Grange sublime de Mézières qui, pour la première fois, accueillera un spectacle hivernal: du 9 au 18 décembre, il y présente «La petite fille aux allumettes», spectacle qu’il avait déjà monté au Théâtre de Beausobre en 1987.

Non content d’être le metteur en scène de cette adaptation «pour un Noël dans le froid du Théâtre du Jorat», Demierre tiendra le rôle du conteur.

L’action se déroulera dans la machinerie et les cintres du théâtre, les 200 spectateurs attendus à chaque représentation la suivra, debout, sur la scène. «La Grange sublime étant une structure en bois, il est interdit d’y allumer la moindre bougie. Deux pompiers seront donc mobilisés à chaque représentation», rassure Demierre qui, n’en doutons pas, saura embraser… le public.

 

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