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Les produits du terroir ont la cote
Virginie Gerhard
En moins de dix ans, les produits du terroir ont acquis une célébrité grandissante. Explication du phénomène avec des acteurs du district.
Ouverture de la Halle Romande en septembre dernier, sites de vente en ligne, succès chez les commerçants du coin… Il n’y a pas de doute, les produits du terroir séduisent toujours plus. Le district de Morges ne déroge pas à la règle.
Pour Jean-Luc Bovet, dont la famille est propriétaire du Moulin de Sévery depuis six générations, ce come-back des produits régionaux n’est pas un hasard: «Au milieu des années nonante, avec le scandale de la vache folle et du poulet à la dioxine, les consommateurs ont pris conscience du problème de la malbouffe. Ils se sont alors tournés vers des produits de proximité, plus rassurants.»
Même constat chez Suzanne Gabrielle, responsable de la Halle Romande à Lausanne, qui commercialise des produits de terroir de Suisse romande: «Les consommateurs portent une très grande attention à la crédibilité de leurs aliments. Ils veulent de la marchandise fraîche et traçable. Les 700 produits que nous commercialisons sont tous contrôlés par un organe de certification permettant de déterminer leur origine.»
Produits stars
Dans le district, plusieurs produits phares connaissent ce succès. La Halle Romande commercialise, entre autres, les vins Cruchon, des flûtes de Vullierens, ou encore de l’huile de Sévery et de Pompaples. Au quatrième concours suisse des produits du terroir, en octobre dernier, plusieurs producteurs sont repartis avec des médailles, dont le Marché à la ferme de Barbara Demont, à Vullierens, le couple Jobin, d’Echichens pour leur mousseux de pomme et la Boucherie de la Venoge à Cossonay, médaille d’argent grâce à son salami.
Jean-Luc Bovet remarque le changement de comportement des consommateurs au quotidien: «Depuis quelques années, nous avons eu une grosse évolution des ventes directes. Les gens viennent s’approvisionner au magasin. Au fil des ans, nous avons élargi notre offre. En plus des huiles, notre spécialité, nous offrons 70 produits, comme de la moutarde ou des sauces.» Prochain projet en vue pour la famille Bovet: l’ouverture d’un restaurant, car en plus de plaire aux régionaux, les produits du terroir attirent aussi les touristes. Ils sont quelque 12 000 à se rendre au Moulin de Sévery chaque année.
Ces produits séduisent également la jeunesse. François Hofer, un jeune habitant d’Etoy, a mis en ligne son site de vente au mois de décembre. Après avoir empoché son Bachelor en Haute Ecole commerciale, le jeune homme a préféré se lancer dans sa propre entreprise plutôt que de faire un stage dans une banque. Quant au choix des produits du terroir, il l’a fait parce qu’il avoue aimer l’économie responsable: «Consommer local pour aider nos petits producteurs est important», dit-il.
A l’assaut du net
C’est ainsi qu’aujourd’hui, son site produitsdici.ch, propose déjà 100 produits de la région, en allant des huiles de Sévery, de la confiture de Berolle, jusqu’à des cosmétiques artisanaux fabriqués à Bière. Il compte atteindre un assortiment doublé d’ici quelques mois.
«Je travaille actuellement avec une dizaine de producteurs. Ils me soutiennent tous mais certains sont plus sceptiques car, sur Internet, on perd la proximité que les gens viennent chercher lorsqu’ils achètent local.» Néanmoins, la petite affaire roule. François Hofer à écoulé près de cent coffrets avant Noël. Même si les prix ne sont pas toujours donnés, le jeune homme est convaincu du succès des produits du terroir: «Les gens font volontiers un effort pour financer le terroir et pour avoir la garantie d’un produit de qualité.»










