commander la photo
Plus d’un siècle au service de la musique
Sylvie Logean
Le doyen du canton et ténor de renommée internationale Hugues Cuénod, s’est éteint à l’âge de 108 ans. Le chanteur passait tous les étés dans sa résidence du château de Lully sur Morges.
Lully
Pour faire ces adieux, Hugues Cuénod nous avait déposé un baisemain délicat. A 106 ans passés, le ténor était encore un vrai gentleman, fidèle à ses origines britanniques. C’était en 2008, alors que le chanteur de réputation internationale nous avait reçus dans son vénérable château de Lully. Une rencontre émouvante, emprunte de tendresse et de calme. Dans un sourire, Hugues Cuénod nous avait conté les souvenirs de son enfance, son fidèle chat Gugus sur les genoux et son compagnon Alfred Augustin à ses côtés. Un couple de longue date, devenu l’un des premiers pacsés du canton en 2004. L’horloge avait sonné l’heure du thé, rituel immuable servi dans de la fine porcelaine familiale. Un instant unique où nous nous étions sentis les témoins privilégiés d’un moment aussi intime que convivial.
Désormais, la voix du doyen du canton ne résonnera plus dans la demeure des hauts de Morges. A 108 ans, Hugues Cuénod s’est éteint sereinement, à l’image du gentleman qu’il était. Il aurait souhaité mourir à Lully durant la belle saison, dans le charme romantique et désuet du château. Au cœur d’un écrin cosy et feutré, entouré d’objets fétiches, véritables héritages historiques et témoins des générations passées. Mais c’est à Vevey que le ténor s’est éclipsé, dans la maison où il passait l’hiver depuis des années.
Une carrière exemplaire
De sa personne, l’Histoire retiendra une carrière d’une longévité incroyable, à l’éclectisme hors norme. Né à Corseaux en 1902, Hugues Cuénod aura vécu près de 70 ans pour et par la musique. Une vocation qui débuta en 1928 par des études de chant à Lausanne, Genève, Bâle et Vienne puis à Paris. Ville où il posera ses valises quelque temps.
Si les premiers engagements sont modestes, il devient rapidement le maestro incontesté des personnages comiques. Et ce notamment grâce à un rôle que lui confie Igor Stravinski dans l’opéra The Rake’s Progress en 1951. Il se produira ensuite sur l’ensemble des grandes scènes mondiales, réussissant même à jouer au Metropolitan de New York à l’âge de 85 ans.










