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Projecteur sur la Lanterne Magique
Virginie Gerhard
Depuis quatorze ans, les petits morgiens découvrent des films anciens à la Lanterne Magique. Retour sur un concept qui ne s’essouffle pas.
La salle se remplit petit à petit. Une centaine d’enfants âgés de 6 à 10 ans prend place dans la salle de cinéma de l’Odéon à Morges. Tous viennent assister à une projection de la Lanterne Magique. Le concept existe depuis 1998 à Morges et a été initié à Neuchâtel en 1992.
L’idée est simple: faire découvrir aux enfants abonnés neuf films par saisons. Des œuvres récentes, mais aussi plus anciennes et divisées en différentes thématiques: des films tristes, qui font rêver, rire et peur. «Le but est clairement pédagogique. Il s’agit de susciter l’intérêt chez des jeunes de moins en moins habitués à voir des films anciens», explique Anne-Hélène Fontannaz, l’une des responsables de la Lanterne Magique à Morges aux côtés de Cécile Hayward et Sandra Rod.
L’ancienne institutrice accompagne le projet depuis ses débuts et a dû apprendre à jongler entre les salles de cinémas. «Nous avons dû déménager un temps à Beausobre et même au vieux Moulin de Saint-Prex, suite aux ennuis rencontrés par l’Odéon. Aujourd’hui, nous sommes à nouveau bien établis et c’est un plaisir d’être dans une salle menée de main de maîtres par des passionnées.»
A voir le visage ravi des enfants présents dans la salle, elle n’est pas la seule à se réjouir du succès de la Lanterne Magique. «J’aime voir des films surtout quand ils sont drôles», explique Yannick âgé de 9 ans. Un avis partagé par son petit frère Gilles âgé de 6 ans et demi (attention à la demie!), qui avoue tout de même apprécier un peu moins les films en noir et blanc. Ce qu’ils aiment également c’est la petite animation présentée au début de chaque séance par de jeunes comédiens, ainsi que le petit journal reçu à la maison avant chaque séance et qui présente le film au programme.
Futur radieux
«Les enfants ne sont pas un public trop exigeant, ils sont curieux et forment ainsi leur culture cinématographique», explique Anne-Hélène Fontannaz. C’est d’ailleurs pourquoi elle ne doute pas de la survie de la Lanterne Magique: «Nous proposons une autre façon de voir des films, c’est à part. Cela sort les jeunes de la pauvreté des dessins animés qu’ils peuvent regarder. Il faut être vigilant à la qualité de ce que les enfants emmagasinent.»
Parions que la Lanterne Magique a encore de beaux jours devant elle. Financièrement, si le club ne tire pas de bénéfices de ses activités, les abonnements sont tout de même quasi tous vendus par saisons. Sans compter sur le soutien de la commune de Morges, qui subventionne le club, afin que les enfants d’aujourd’hui ne laissent pas tomber dans l’oubli le cinéma d’hier.










