Quand montent les voiles, Morges pavoise
Gilbert Hermann
Les voiles latines, magnifiques embarcations d’une autre époque, ont émerveillé la rade morgienne et les nombreux spectateurs présents.
Morges
Les Morgiens (au sens très large du terme, ne soyons pas nombrilistes) et le lac, c’est vraiment une histoire d’amour: après la parade des vieux vapeurs de la CGN le 16 mai, la venue des barques à voiles latines, le 14 août, a vu les quais et leurs enrochements submergés par un public nombreux et intéressé. Et cela bien que les météorologues se soient employés à jouer les oiseaux de mauvais augure en annonçant une pluie qui, finalement, est restée accrochée dans ses nuages suffisamment longtemps pour que la parade passe entre les gouttes. Nul ne s’en est plaint. Surtout pas Alain Jaccard, qui œuvrait en qualité de président du comité d’organisation de ces festivités lacustres.
Festivités dont Yves Rattaz endosse la paternité. Propriétaire du «Fidelis» (pointu méditerranéen), mais également président du conseil de la Fondation Bolle, il a voulu donner un relief particulier au vernissage de l’exposition de photographies anciennes que la dite Fondation consacre aux voiles latines. Sa proposition d’inviter l’Association des voiles latines que préside Eric Teysseire, ancien conservateur des Monuments historiques, a fait souffler un Morget dynamique tant au sein de la Municipalité (et des différents services concernés) qu’auprès du Club nautique morgien et du Sauvetage: ceux-ci ont greffé leur fête annuelle sur l’événement (ou inversement). Ce multipack a été complété par la présence d’artisans, d’artistes, de modélistes, d’institutions dans les jardins du Château.
Bateaux d’un autre temps
Nombreux sont ceux qui sont montés sur «La Demoiselle». Mais aussi sur les autres barques: «La Savoie» qui avait traversé la gouille, «La Vaudoise» qui faisait des infidélités à Ouchy, «La Neptune» qui avait quitté le lac de Genève pour rejoindre le Léman. D’autres encore, plus petites mais tout aussi intéressantes; la «Sapaudia», nau de pêche à Roland Vuffray, le «Surcouf», canot de pêche à «Mayu» sur lequel paradait «Le Gamin» (dit aussi Roland Gavillet). «Mayu» avait également amené son «Calliope» de 1909, bateau à voile aurique qu’il a restauré avec un talent qui lui a valu de recevoir l’an passé le prix de la Fondation Bolle. La liste n’a rien d’exhaustif. Pour accueillir ces bateaux d’un autre temps, les voiliers amarrés au Port du Château avaient hissé leurs grands pavois. Et sur la jetée vent, les drapeaux des cantons frétillaient sous l’effet d’une bise venue soutenir la parade. C’était renversant. A tel point que les drapeaux tessinois et lucernois étaient tout retournés comme le faisait remarquer un ancien instituteur sur un ton qui n’avait rien de pédant.









