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Un festival qui a du flair
Camille Destraz
Toutes les grandes stars de l’humour sont passées par Morges. Et certaines y ont fait leurs premiers pas. Coup d’œil dans le rétroviseur, avec l’ancien directeur Jean-Marc Desponds.
On s’y habituerait presque. Tous les grands humoristes ont eu un jour rendez-vous avec les spectateurs de Morges-sous-Rire. Et si Coluche ou Desproges ne nous avaient pas quittés si tôt, sûr qu’ils auraient brûlé les planches de Beausobre.
Mais pour le festival créé par Jean-Marc Desponds en 1989, le but n’a pas forcément été d’engager des artistes au sommet de leur art. Dénicher des talents naissants, faire émerger les stars de demain: voilà la partie la plus jubilatoire, selon l’ancien directeur. S’il vivra cette année sa première édition de Morges-sous-Rire en tant que simple spectateur, c’est avec bonheur qu’il revient sur ces moments où il a su faire confiance à un artiste débutant.
Un exemple frappant: celui de Dany Boon. «Je l’ai vu jouer devant sept personnes à Paris! se souvient Jean-Marc Desponds. Je pense que nous sommes de ceux qui lui ont fait confiance immédiatement. Il s’en souviendra toujours.» Mais comment diable avoir envie d’engager un humoriste qui joue devant trois pelés et quatre tondus? «Ah le flair… On a tous des qualités, mais je ne sais pas. Je sens les gens qui sont justes avec eux-mêmes. On sent cette magie qui opère! Comme Gaspard Proust récemment, ou Yann Lambiel à l’époque.»
Lambiel au bistrot
Les premiers pas de notre imitateur national? «Je l’avais vu lors d’un gala privé, raconte Desponds. Je l’ai engagé pour jouer dans les bistrots de Morges pendant le festival. Il y avait un concours, il avait gagné. Ensuite ça a été une fusée! Maintenant, c’est lui qui soutient les jeunes humoristes.»
Autre style, autre situation: bien avant les Arena, Stade de France ou autres lieux de spectacles surdimensionnés, Jean-Marie Bigard est venu à Morges «avec toute sa famille», terminant les soirées au Gilvir avec le directeur… «Ça crée des liens!» rigole ce dernier. «Ce genre de moment, les artistes s’en souviennent! J’ai passé des nuits blanches avec Pierre Palmade, je suis allé au MAD avec Gad Elmaleh alors qu’il était inconnu. Quand ils sont jeunes et qu’ils sont là toute la semaine, ils ont envie de s’amuser!»
Ce rapport de confiance, le fait de donner sa chance à de jeunes artistes, Morges-sous-Rire y tient mordicus. Cette année, les nouveaux programmateurs Roxane Aybek et David Chassot n’ont d’ailleurs pas hésité à faire venir des humoristes encore peu, voire pas connus (lire les trois zoom ci-dessous). Et également à reprogrammer ceux qui ont fait leurs premiers pas au festival, comme Anne Roumanoff… 25 ans à peine lors de son premier passage, et absolument incontournable aujourd’hui!










