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Une cabane militaire… mais en civil
Jean-François Reymond
ETAPE 3 La cabane de Plan-Névé
C’EST OÙ? Au fond du vallon de l’Avançon. Accès depuis Les Plans-sur-Bex et Pont-de-Nant.
C’EST HAUT? La cabane est à 2262 m au pied du massif du Grand-Muveran qui culmine à 3051 m.
C’EST COMBIEN? Comptez bien 3 h de marche depuis Pont-de-Nant.
La cabane de Plan-Névé a une histoire un peu particulière. Déjà, ce n’estpas une cabane du Club alpin suisse mais elle est d’origine privée, due à l’initiative d’une amicale militaire fondée juste après la MOB pour pouvoir perpétuer l’esprit de camaraderie et développer la formation acquise sous les drapeaux. L’Union des Patrouilleurs alpins 10, était née. Elle a été issue de la brigade territoriale valaisanne 10 et de la brigade de forteresse 10. Et aujourd’hui, soixante-cinq ans plus tard, cette UPA 10 est toujours plus vivante que jamais. Elle a construit sa cabane en 1953 et organise, chaque année, deux grandes manifestations sportives: le célèbre Trophée du Muveran (à fin mars, depuis 1947), course de ski alpinisme d’endurance, le pendant vaudois de la Patrouille des Glaciers, et la Course pédestre Les Plans - Plan-Névé qui a lieu en juillet depuis 38 ans. Il est à noter que l’actuelle présidente de cette UPA 10 est une Morgienne, Jocelyne Gay, gradée à l’armée, et qui peut se targuer d’être la seule femme romande, voire suissesse, à avoir gravi tous les «quatre mille» des Alpes de notre pays!
Grâce à un solde d’une caisse noire, des souscriptions de parts financières et à un énorme bénévolat, la cabane de Plan-Névé devient réalité en 1953. Son emplacement a été décidé en fonction du parcours du Trophée du Muveran. Elle devait remplacer un petit bivouac fixe construit en pierres à l’abri d’un gros rocher. L’idée séduit aussi les autorités communales de Bex qui donnent le terrain et facilitent grandement toutes les démarches et autorisations. Tout est fait bénévolement, autant le travail de l’architecte que celui des maçons. Seuls les frais occasionnés sont payés. L’armée met à disposition un téléphérique mobile et temporaire pour faciliter l’acheminement des matériaux sur place. Un chemin d’accès est aussi aménagé, parcouru par les troupes du «train», avec chevaux et mulets. Commencés en 1952, les travaux ont été interrompus à l’automne à cause d’une météo difficile. On a dû se borner à poser un toit sur la charpente avant même que les murs soient vraiment terminés. Ce qui fait qu’au printemps suivant, la cabane était à moitié remplie de neige! L’achèvement s’est poursuivi et, le 4 octobre 1953, c’était l’inauguration tant attendue.
La cabane de Plan-Névé a été plusieurs fois réparée et agrandie. Deux avalanches ne l’ont pas épargnée, en 1983 et 1984, où il y a eu beaucoup de dégâts, notamment à la toiture.
En 1985, on la dote, sur l’arrière, d’un fort «bouclier» triangulaire en béton armé, dans lequel on profite d’aménager une nouvelle cave. Encore une fois, la solidarité a été exemplaire. La cabane a été sécurisée sans mettre en péril les finances. Durant l’été, l’accueil est particulièrement chaleureux à la cabane. Après une montée assez physique, on est en droit d’y attendre un indispensable réconfort. Ce que font à l’excellence le gardien Pierre Savary et sa «brigade» féminine formée de Denise Challand (la maman de la journaliste RTSR Irène Challand) et de Suzanne Uldry. Depuis 2005, ils sont fidèles à leur poste de fin juin à fin août. Repas délicieux, déjeuners avec produits du terroir, plusieurs sortes de pains et gâteaux confectionnés sur place, c’est un vrai bonheur que d’y séjourner! D’autant plus que la nuit est supercalme dans le dortoir sympa égayé de ses rideaux et édredons blanc et rouge. Sans compter la magnificence des couchers de soleil sur le Léman et la beauté sauvage des montagnes grises et blanches environnantes.








