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Une Odyssée sans compromis

Journal de Morges


L’auteur originaire de Villars-sous-Yens, Blaise Hofmann, signe le texte de «Deux décis d’Odyssée» spectacle homérique qui célébrera le nouveau district à la fin de l’été.

Blaise Hofmann a le voyage dans la peau. L’Afghanistan, l’Ethiopie, la Chine, le Tibet, la mer Méditerranée… le jeune auteur de Villars-sous-Yens a posé un regard contemplatif sur de nombreux pays du monde. Une quête de l’ailleurs dont sont nés deux ouvrages remarqués Billet aller simple et plus récemment Notre Mer paru en 2009. Une quête de l’ailleurs, mais aussi une quête intérieure, dans une recherche perpétuelle de soi. C’est ainsi que ce professeur de français au gymnase de Burier s’est immergé durant tout l’été 2005 dans la difficile vie de berger, parcourant sans relâche les pâturages du Chablais. Une forme de transhumance initiatique retranscrite dans Voyage et émigration.

Depuis presque deux ans, Blaise Hofmann a posé ses valises à Lausanne, où il enseigne. Mais là ne s’arrête pas ses activités. Les projets fusent autour du trentenaire. Depuis un an, l’écrivain collabore pour Le Nouvelliste, journal valaisan pour lequel il écrit des chroniques. Avide de partager son expérience, il anime également des ateliers d’écriture à l’institut littéraire suisse, à Bienne, Haute école formant de futurs écrivains. Et puis, l’écriture toujours. Un nouvel opus à destination des adolescents devrait paraître en décembre.

Fidèle à la région qui l’a vu naître, Blaise Hofmann n’a pas hésité à saisir la plume pour parler du nouveau district de Morges, au côté de ses comparses Gérard Demierre et René Falquet. En vraie fable homérique. Deux Décis d’Odyssée conte les thèmes de prédilection du jeune auteur: le voyage et l’immigration. Une question délicate que Blaise Hofmann aborde avec simplicité et sensibilité. Nulle question de clandestins, mais de gens issus de la migration et qui travaillent la terre vaudoise depuis des décennies. Les femmes prennent également une place importante, notamment grâce aux deux personnages féminins, Yasmin et Pénélope. «Elles tirent les ficelles de l’histoire, confesse l’écrivain. J’avais envie de remettre les femmes au milieu du village.»

Quant à la trame de l’histoire, elle tire son inspiration originelle du Sacré Ulysse, d’Emile Gardaz, pièce créée en 1964 au Trois Petits Tours, mais aussi de l’Odyssée d’Homère. «J’avais l’impression que ce texte magnifique était fondateur. Je trouvais amusant de rebondir. C’est pourquoi j’ai repris certaines formules pour les adapter au climat morgien.»

 

Une première

Avec Deux décis d’Odyssée, Blaise Hofmann signe là sa première pièce de théâtre. Un exercice particulier pour le Morgien qui a dû trouver, pour ce faire, un savant équilibre entre une narration au style dense et des passages plus légers. «L’écriture est un peu un sport d’autiste, c’est pourquoi j’avais vraiment envie de faire ce projet. J’avais envie de trouver le ton propre à un spectacle villageois, tout en ne faisant pas de compromis, avoue l’auteur. Je souhaitais parvenir à un texte digeste mais tirant tout de même vers la poésie afin de jouer avec les rythmes et les sonorités. Même si je n’ai pas l’illusion de croire que la poésie parle à tout le monde, je dois avouer qu’il y a des passages sans concessions.»

Un texte sans concessions certes, mais auquel quelques modifications surprenantes ont dû être apportées à la demande générale. Dans un sourire, Blaise Hofmann avoue avoir dû ajouter des «passages graveleux» afin de mieux coller au caractère villageois de la pièce: «On m’a dit que cela manquait. Moi qui ai fait l’école du dimanche, qui suis originaire d’une famille protestante et un peu prude, je n’y avais pas du tout pensé. Mais il faut bien avouer que je n’ai pas eu à me faire violence pour les écrire!»

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