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Une vie entre l’ombre et la lumière
SYLVIE LOGEAN
Résident de Saint-Prex depuis 1983, Jean-Pierre Althaus est un homme de la scène. Directeur de l’ Octogone de Pully, il n’en demeure pas moins comédien dans l’âme… et sur les planches.
Dans les yeux de Jean-Pierre Althaus brillent des étincelles… De celles qui animent les comédiens au contact des planches, lorsque la vie prend forme sous la lumière des projecteurs… mais aussi de celles qui émanent du regard de tous les passionnés… Et passionné, le directeur de l’ Octogone l’est résolument depuis plus de trente ans. Pour meilleure preuve, la joie qui exulte du personnage lorsque celui-ci nous fait découvrir «son» théâtre, ainsi que son univers composé d’anecdotes aussi truculentes que fascinantes, aussi tendre qu’émouvantes…
A 60 ans, Jean-Pierre Althaus semble avoir vécu sept vies, endossé milles visages. Comédien, journaliste sportif et culturel, écrivain, chef des affaires culturelles de la ville de Pully… tout lui réussit. Une histoire riche, qui a vu se succéder de belles rencontres. A l’image de Bernard Haller, mais aussi Philippe Mentha, véritable mentor rencontré aux cours d’art dramatique de Carouge, ou encore le comédien et metteur en scène Jean-Louis Barrault, qui lui permet de jouer dans le Christophe Colomb de Paul Claudel.
Fascination de la scène
Ancré dans le sang familial depuis plusieurs générations, le théâtre exerce une fascination certaine sur Jean-Pierre Althaus. A l’âge où les enfants ne portent encore que des culottes courtes, le garçonnet se plaît à parcourir les moindres recoins de la Comédie de Genève. Fils de carrossier, le jeune Althaus découvre les dessous de la scène en compagnie de son grand-père paternel, alors directeur technique de ce haut lieu du théâtre genevois. Dès lors, l’émerveillement ne le quitte plus. S’ensuivent différents rôles qui laissent libre court à la fantaisie et l’expressivité du comédien. Celui-ci incarne également des personnages au sein de téléfilms, dont Le Baron Tavernier, documentaire de Philippe Nicolet tourné à Aubonne. «Il parait que j’ai sa tronche, s’amuse Jean-Pierre Althaus. Ce tournage a été pour le moins épique, car c’était la première fois que je montais à cheval… Et cela sous la pluie et le long de la rue pavée qui monte au château, vous imaginez le tableau!»
Après dix années consacrées entièrement aux planches, le comédien ressent le besoin de passer à autre chose. «J’ai alors vu une annonce dans le 24 heures concernant un emploi en lien avec la promotion culturelle de la ville de Pully. Voilà comment je me suis retrouvé à la tête de l’ Octogone en mai 1979. »
Althaus fait alors de cette aula d’école un théâtre unanimement reconnu, dont la programmation n’a jamais eu à pâlir face à celle de la métropole voisine. D’ailleurs on doit à ce passionné de clowns le premier festival d’humour créé en Suisse, dont la première, et unique édition a lieu en 1982. «Nous avions monté un programme qui comprenait 50 spectacles en compétition et 10 galas de vedettes reconnues. Le public a répondu présent, mais faute de budget, nous avons dû nous résigner à renoncer à l’idée. C’est alors que Jean-Marc Desponds, qui était alors animateur au CPO m’a très courtoisement demandé s’il pouvait reprendre le concept. Ainsi est né le Festival Morges-sous-Rire. »
Malgré l’investissement demandé par ses fonctions de directeur, Jean-Pierre Althaus ne cesse jamais de jouer. Pour les 30 ans du théâtre, ce dernier jouera les 25 et 26 septembre un one-man-show de sa composition: Le clou du spectacle est dans la boîte à outils. « Je me rends compte que cela peut paraître mégalomane, mais je me suis dit qu’il fallait assumer… d’autant plus qu’il s’agit d’une autodérision totale. J’y joue un directeur de théâtre complètement mythomane. Et puis c’est également un hommage aux personnages de théâtre qui ont marqué l’histoire de cet art. »









