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«A Morges, j’ai retrouvé le sourire»
Julien Lambert
Après une expérience douloureuse avec Red Ice Martigny, l’entraîneur de Forward Laurent Perroton retrouve des couleurs à Morges. Il revient sur une période difficile de sa vie et évoque son avenir.
«J’ai été gravement brûlé en Valais. Le plaisir d’entraîner a totalement disparu. J’essaie dorénavant de redevenir moi-même…» Ces propos forts sont ceux de Laurent Perroton, un coach meurtri et dont les cicatrices de son passage à la tête de l’ambitieux Red Ice Martigny sont encore bien présentes. «Là-bas, une psychose s’était installée, explique-t-il. A chaque match, on avait peur de perdre car chaque défaite était vécue comme un drame national. On ne peut pas vivre comme ça. »
Malgré d’excellents résultats durant ces deux saisons passées à la tête du club valaisan, Laurent Perroton a été remercié après le premier match du présent championnat, perdu aux penaltys. «C’était ma première défaite en saison régulière depuis que j’étais à la tête de cette équipe. Même au Real Madrid, ça n’arrive pas! J’ai pris des décisions pour le bien de l’équipe qui n’ont pas plu à un dirigeant. On me l’a fait payer…»
«Prendre du plaisir»
Après son limogeage, l’entraîneur français de 38 ans décide de mettre le hockey entre parenthèses et de se consacrer à sa profession dans les ressources humaines.
Une pause de courte durée puisque l’opportunité de reprendre Forward se présente rapidement. «Je me suis vite aperçu durant mon mois d’inactivité que les journées étaient longues sans hockey», précise-t-il. Tout de suite charmé par le projet morgien, qui prône l’esprit de famille, Laurent Perroton décide de tenter l’aventure.
«Forward est un club sain, et avec le recul, je suis très content de mon choix. Quand je me lève le matin, j’ai le sourire!» Car le coach ne s’en cache pas: le hockey est une passion, dans laquelle il veut prendre du plaisir. «Mon objectif premier est de continuer à fonder ma famille. Ensuite, j’aimerais m’asseoir professionnellement. Vient ensuite le hockey. Et à Morges, j’ai trouvé l’amalgame entre ces trois points, je suis donc heureux! J’ai eu des appels pour coacher d’autres clubs ces derniers jours, notamment à l’étranger. Mais ça ne m’attire pas. Arrivé à 40 ans, Morges me paraît être un bon compromis», reconnaît-il.
Seconde famille
Arrivé depuis plus d’un mois dans la bande des Bulldogs, Laurent Perroton a tout de suite inculqué sa philosophie: «On gagne ensemble, on perd ensemble». Ravi de l’ambiance du vestiaire (dont il connaissait déjà plusieurs éléments), il reconnaît s’être rapidement intégré: «C’est comme une seconde famille. On partage les joies et les peines. Tout le monde est dans la même barque et c’est le collectif qui prime. J’ai retrouvé cet esprit à Morges. »
En plus de la mission sportive (le maintien), l’entraîneur morgien a fixé à ses joueurs des objectifs internes: «Nous devons faire preuve d’un bel état d’esprit, être solidaires. Ensuite, j’attends de chacun qu’il travaille fort. Il y a un temps pour rigoler et un autre durant lequel nous devons être concentrés. » Une mentalité qu’il tire peut-être du hockey suédois dont il est adepte.
Goût retrouvé
Après quelques semaines au contact de ses nouveaux joueurs, Laurent Perroton se montre satisfait: «Mon but est de faire progresser les joueurs, et je vois que certains ont franchi un palier durant ces derniers matches. » Admiratif de la philosophie de formation des Kloten Flyers, l’entraîneur morgien compte bien faire émerger de nouveaux meneurs.
Malgré une sèche défaite contre son ancienne équipe de Red Ice mardi soir (2-9), l’entraîneur morgien va de l’avant: «Ce match est passé, c’était un peu particulier. A Morges, je retrouve petit à petit le goût du coaching. Reste à faire mes preuves ici et ensuite nous verrons…»










