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Voyage

À la découverte de la Chine

Sébastien Kramer 01.12.2014 18:13

Avant d'atteindre la frontière chinoise, nous roulons une dernière journée du côté kirghize. Et quelle journée! Nous pédalons à travers une large vallée, remontant une rivière qui méandre et longeant le majesteux massif du Pamir, dont les sommets blancs culminant à plus de 6000m semblent s'être soulevés de la terre en une seule nuit. Nous nous sentons à la fois minuscules et émerveillés face à cette grandeur qui nous entoure. Le voyage nous gratifie d'une journée de rêve que nous essayons de vivre pleinement.

Un nombre fou de contrôles de passeport, une zone en no man's land que nous devons franchir dans un taxi et l'interdiction d'importer fruits et légumes, l'entrée en Chine n'est pas des plus aisées... Le lendemain, une nouvelle ville mythique de la Route de la Soie s'ouvre à nous: Kashgar. Si la taille du vieux centre ouighour est en constante régression, il n'en reste pas moins incroyablement vivant et passionnant. Le long des trottoirs, les artisans forgent des clous, façonnent des bassines en cuivre, sculptent des fines pipes en bois dans un mélange de bruits et d'odeurs qui doivent être les mêmes depuis au moins mille ans. Certaines échoppes vendent épices, serpents sèches et poudres colorées sur le devant, tandis que les étagères de l'arrière-boutique sont remplies d'une multitude de bocaux dont seuls les vieux Ouighours doivent connaître le contenu. Le dimanche matin, c'est le marché aux bestiaux, le plus grand d'Asie Centrale, qui se tient sur une immense place poussiéreuse en dehors de la ville. Moutons, chèvres, vaches, chevaux et chameaux se vendent et s'achètent dans une cohue fascinante. Certains moutons ne vont pas bien loin puisqu'ils sont directement égorgés, coupés en morceaux et grillés pour nourrir tous ces estomacs vides d'avoir comparé, marchandé et acheté. Avec sa vie si intense et la magie présente à chaque coin de rue, Kashgar est peut-être la ville qui me donne le plus impression de vivre encore au temps des caravanes.

La Chine est un pays si vaste et notre visa de 30 jours semble bien dérisoir pour le traverser à velo. Nous prenons alors le train et le bus pour atteindre Yushu, petite ville à la frontière de la région autonome du Tibet. Pour traverser cette moitié ouest du pays, il nous faut pas moins de 70 heures... Comme le Tibet est fermé aux voyageurs sans guide ni agence, nous le longeant en passant par la province du Sichuan. Nous roulons une dizaine de jours dans un monde d'altitude (plusieurs cols à plus de 4500m), à travers d'immenses prairies ou paissent des centaines de yaks. Des aigles nous survolent magistralement, et dans chaque village, on croise des monastères et des moines rayonnant de sérénité dans leurs belles robes rouge foncé. Les drapeaux de prières multicolores sont partout et le vent fait son travail en dispersant les mantras imprimés dans toutes les directions.
Même s'il gèle durant la nuit, les bivouacs sont magnifiques et nous pouvons planter la tente à peu près n'importe où pour, plus tard, se brosser les dents sous des millions d'étoiles plus brillantes que jamais. Un soir, nous assistons meme à une éclipse lunaire. On aime aussi traverser ces petits villages tibétains où les maisons en bois sont très colorées, où les femmes portent de longs cheveux noirs tressés et ornés de bijoux turquoises et où les vieux ont ce sourire qui peut changer une journée. La ferveur religieuse nous subjugue également, surtout lorsque des dizaines de villageois tournent autour d'un monastère (toujours dans le sens des aiguilles d'une montre) en psalmodiant des mantras et en faisant tourner leur moulin à prières. Nos trente jours de visa arrivant à écheance, nous prenons un bus pour atteindre le nord de la province du Yunnan et prolongeons nos précieux sésames dans la ville de Shangri-La. Nous en profitons pour faire une randonnée de deux jours dans les gorges du Yangzi, le troisième plus long fleuve du Monde. Nous marchons avec des papillons, entre des bosquets de bambou et réalisons soudain que les hauts plateaux tibétains sont loins. En étant nomades, il faut apprendre à apprécier ce qui nous entoure sur le moment, car tout change tres vite, même à l'allure du velo.
Nous remontons sur selle un peu plus au sud avec de belles surprises le long de la route. On decouvre des rizières en terrasses, des cannes à sucre, des plantations de thé et d'hévéa. L'air est humide et certains papillons sont bleus, comme ceux que l'on voit habituellement dans les musées. Cette fois c'est sûr, nous sommes sous les tropiques! Quelques jours de pluie nous poussent à l'hotel où nous prenons des chambres propres et spacieuses avec toilettes privées pour moins de 10$. On aime aussi ces moments où l'on débarque trempés et où on n'a plus qu'à faire couler la douche, en espérant que l'eau soit chaude. Tres vite, la chambre se transforme en penderie avec des ficelles tendues à travers la pièce...

En Chine, nous profitons comme jamais de l'excellente cuisine qui est servie autant dans les villes que le long de la route. Les produits sont toujours frais, les saveurs varient selon les régions et les portions généreuses. Racines de fleur de lotus, champignons divers, haricots pimentés, jambon cru et tous ces légumes que nous ne connaissons pas, mais qui, sautés avec un peu d'ail, de coriandre et de gingembre, réjouissent nos papilles. Nous dégustons tout ça avec des grosses quantités de riz et avec les baguettes! Et comme c'est plus simple et moins cher que de cuisiner soi-meme, on ne se prive pas. Grâce à une connaissance, nous passons deux jours, accueillis par une famille, dans un petit village perché sur les colline et qui vit principalement de la culture du thé. Le matin, du brouillard se forme dans les vallées et nous assistons au lever du soleil sur cette mer opaque, entre les bambous et les théiers. Au village, calme et tranquilité se retrouvent dans chaque ruelle. C'est qu'il faut une bonne dose de patience pour trier les innombrables feuilles de thé sechées, tâche généralement accomplie par les grand-mères, dont les mains habituées travaillent au son de la musique traditionnelle. On apprend à déguster le thé qui est servi dans des minuscules bols après avoir été infusé séparément quelques secondes par le "maître de cérémonie". La complexite des arômes, les différentes variétés de thés et la façon de le déguster sont un domaine aussi vaste que le vin chez nous. Nous goûtons ainsi aux thés vert, rouge, blanc et au puer, un thé fermenté très réputé dans cette region.

Avec les Chinois, le contact est moins facile que dans les pays précédents. Contrairement à ce que d'autres voyageurs nous avaient dit, on ne les trouve pas froids et distants, plutôt souriants et prêts à aider. Mais la barrière de la langue n'a jamais été aussi haute. Eux ne parlent presque jamais anglais et nos tentatives pour parler le chinois sont vaines au vu des variations de tons qu'on était juste incapabales de reproduire. Meme le language des gestes n'est pas toujours un succès! On communique alors avec des photos en leur faisant lire les phrases écrites en sinogrammes dans notre guide. 
Au sud du Yunnan, nous rencontrons pour la première fois le Mekong, fleuve myhtique de l'Asie du sud-est. Nous le longeons un moment avant de repartir à travers les collines recouvertes de plantations d'hévéas. Une nouvelle frontière se profile, bientôt nous serons au Laos, le pays au million d'éléphants.

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