Galeries Vidéos Abonnez-vous

«Je dévoilerai la vérité au grand jour»

Raphaël Cand 27.12.2017 11:04
Enrique Rais possède la nationalité suisse.

Mais qui est Enrique Rais? Le procureur général du Salvador l’accuse de corruption et de faux dans les titres. Aux États-Unis, il a été suspecté de trafic de drogue avant que le shérif n’abandonne l’enquête, tandis qu’une instruction pénale a dernièrement été ouverte par la justice vaudoise à la suite de suspicions de blanchiment d’argent. De nombreuses affaires pour un seul homme qui, jusqu’à ce qu’il fasse les gros titres du Tages Anzeiger et du 24 heures il y a deux mois, était totalement inconnu chez nous. 

Ce multimillionnaire a en fait quitté le Salvador pour éviter l’emprisonnement en début d’année et s’est installé dans le chef-lieu du district. «Mon père est d’origine suisse, précise l’entrepreneur. J’ai suivi une formation supérieure à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l’Université de Lausanne et possède depuis des années un appartement à Morges. Je n’ai donc pas atterri ici complètement par hasard.» 

Étant donné que la Suisse n’extrade pas ses propres ressortissants, Enrique Rais ne peut pas être atteint par les autorités du petit pays d’Amérique centrale. Il affirme cependant ne pas «se planquer» sur les bords du Léman: «Comme à la guerre, je prends position afin de mieux viser. Ce n’est pas la première fois que la justice salvadorienne tente de m’atteindre. Dans le passé, j’ai systématiquement eu gain de cause devant les juges. Je dévoilerai la vérité au grand jour et laverai une nouvelle fois mon nom.»

Face aux nombreuses accusations, Enrique Rais clame son innocence et insiste sur le fait que son casier judiciaire demeure vierge. «Je suis victime d’un complot économique et politique, assure-t-il. Mon principal concurrent dans le domaine du traitement des déchets au Salvador ainsi que le procureur général du pays mènent une campagne contre moi dans le but de servir leurs propres intérêts. Le premier souhaite mettre la main sur des contrats que j’ai signés avec des communes et qui arrivent à échéance. Le second a été installé par la droite. Il tente de discréditer ma personne et le parti de gauche au pouvoir que je soutiens financièrement.» 

Car le Suisso-Salvadorien a des moyens. À la tête d’un empire industriel de 34 entreprises, il évalue sa fortune à une centaine de millions de francs. «Ce chiffre correspond à ce que j’estime pouvoir recevoir dans le cas où je vendais l’ensemble de mes sociétés et de mes biens. En réalité, je n’ai que très peu de liquidités et j’aime vivre simplement. C’est d’ailleurs pour cela que j’apprécie la Suisse. Au Salvador, je roule dans des voitures blindées et suis en permanence accompagné de gardes du corps. Là-bas, on ne plaisante pas, on tue. J’ai même dû faire sortir toute ma famille du pays. En venant à Morges, je souhaitais me balader en toute décontraction dans la rue, profiter de la vue sur les montagnes et préparer tranquillement ma défense. Mais j’ai été rattrapé par les médias.»

Les journaux helvétiques ont notamment rapporté que l’industriel faisait l’objet d’une enquête en Suisse. À la suite de soupçons de blanchiment d’argent émis par la PKB et la BCV, le Ministère public vaudois a ordonné en octobre le gel partiel de deux comptes d’Enrique Rais. L’entrepreneur a alors fait recours et demandé la levée des séquestres, affirmant que les suspicions étaient uniquement basées sur des articles de presse. Le recours est toujours pendant.

Selon un document que nous nous sommes procuré, le Parquet reconnaît que «les investigations conduites par le MROS (Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent)» à la suite des communications des banques «n’ont pas amené beaucoup d’éléments supplémentaires». Il assure cependant que les recherches du MROS ne reposent pas uniquement sur des articles de presse, mais aussi sur des investigations «opérées via son réseau propre». Ces dernières ont notamment permis «d’attester officiellement» qu’Enrique Rais faisait l’objet de plusieurs procédures pénales «actives et pendantes au Salvador pour escroquerie, gestion déloyale, corruption active et faux dans les titres». 

Des affirmations que rejette l’avocat de l’homme d’affaires. «Nous avons démonté les accusations de corruption et de faux dans les titres l’une après l’autre, déclare Marc Cheseaux. Et les procédures pour escroquerie et gestion déloyale ont été classées depuis longtemps. J’ai d’ailleurs envoyé lundi les documents qui le prouvent au Tribunal cantonal.» Malgré ce recours rejeté, le conseil d’Enrique Rais reste confiant: «Je maintiens que les informations que détient le procureur sont issues de la presse. Nous avons démontré d’où provenait chaque centime présent sur les comptes de mon client. Cet argent a été déclaré au Salvador. Tout a été réalisé dans le respect de la loi et nous l’avons prouvé.» 

L’actu en images

Journal de Morges
Expo de Coss 2018
Durant toute cette semaine, la 54e édition de l’Expo bat son plein ...
Journal de Morges
La Batelière de Buchillon 2018
La Bâtelière de Buchillon a réuni dix chorales à l'occasion de sa ...
Journal de Morges
Bourg en fête, La Sarraz 2018
La fête inaugurale qui a marqué la fin d'importants travaux de ...
Edition de la semaine

le choix de la rédaction

Pour lire cet article en entier, vous devez vous connecter.

Pour en savoir plus,
cliquez sur le titre.

3e ligue
À 33 ans, l’attaquant Michaël Matthey s’est renouvelé en ...
Léman
Avec plus de 847 tonnes de poissons capturés, l’année ...
Morges
Quelques grammes seulement ont départagé les meilleurs ...
Web

le reste de l'actualité web

Article reservé aux abonnés.

Pour en savoir plus,
cliquez sur le titre.

Article reservé aux abonnés.

Pour en savoir plus,
cliquez sur le titre.

Article reservé aux abonnés.

Pour en savoir plus,
cliquez sur le titre.

Edition N° 40
ven 19.10.2018
Edition de la semaine
Dernière video JDM
  dernière vidéo
MyRun4Help, une course à vivre
La course à pied pour soutenir les familles de Yanis et Marilou s’est à nouveau conclue sur un ...