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Morges

Sur le champ de bataille de l’épidémie

Raphaël Cand 19.03.2020 15:23
Les collaborateurs de l’Hôpital de Morges avec Valérie Klein à gauche et Marie-Laure Moutenet juste à côté.

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Ils sont en guerre. Prêts à affronter le pic de l’épidémie de coronavirus qui approche à grands pas. De la direction à l’accueil, de l’administration aux responsables des finances, de la communication aux médecins et infirmiers, tout le personnel de l’Hôpital de Morges s’organise depuis plusieurs semaines pour faire face à la vague d’individus infectés qui va inéluctablement déferler sur l’établissement. 

Si l’ensemble des employés est concerné par ce défi historique sans précédent, le principal champ de bataille se trouve au quatrième niveau. Là, des services dédiés il y a encore quelques jours à la chirurgie ou à l’antalgie ont été transformés et des équipes entières réorganisées pour pouvoir accueillir les patients atteints par le COVID-19 ou susceptibles de l’être. Mercredi, une quarantaine de personnes y étaient hospitalisées. «Neuf ont déjà été testées positivement, détaille Valérie Klein, directrice adjointe du département soins aigus et réadaptation. Les autres sont en attente des résultats, mais leur état de santé nous a incités à les garder.»

Parmi les malades isolés dans un des 57 boxes de l’étage, il y a Christophe (prénom d’emprunt). Cet habitant de la région âgé de 43 ans a commencé à avoir de la fièvre le 9 mars. «Je suis resté plusieurs jours enfermé à la maison, témoigne-t-il. Avant de me rendre à la Policlinique de la Venoge à Penthalaz pour me faire tester. Le vendredi 13, on m’a appelé pour me dire que j’étais contaminé.» 

En quarantaine

Le père de famille s’isole alors dans la chambre de son fils, tandis que ce dernier dort à côté avec sa mère. «Le dimanche, les soignants m’ont contacté pour prendre des nouvelles. Comme j’avais de la peine à leur parler, ils m’ont dit de me rendre aux urgences à Morges. À la suite d’une série de tests, le médecin m’a annoncé que l’oxygénation de mon sang était trop basse et que j’allais devoir rester. J’ai passé une première nuit très compliquée. J’avais le nez complètement bouché et toujours de la fièvre. On m’a mis un masque à oxygène et donné une bonne dose d’antibiotique en intraveineuse. J’ai eu beaucoup de peine à dormir puisque le moniteur sonnait à cause de mon faible taux d’oxygène.»

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Après une deuxième nuit blanche, son état s’améliore. Christophe va d’ailleurs bientôt pouvoir revoir les siens. «Cela n’a pas été facile. Je me sentais enfermé, car on est tout seul dans une chambre et nos proches ne peuvent pas venir nous rendre visite. Heureusement qu’il y a des technologies pour communiquer à distance. C’est ce qui permet de garder le moral. Et je tiens également à souligner le travail formidable fourni par l’équipe de soin. C’est vraiment impressionnant!»

En sortant du box occupé par le quadragénaire, c’est Marie-Laure Moutenet qui nous aide à retirer la blouse spéciale que les membres du personnel en contact avec les malades sont tenus de porter, en plus d’un masque et de gants. «Ce sont des mesures mises en œuvre dans d’autres cas de figure et qui sont connues des professionnels de la santé», assure l’infirmière-cheffe de cette unité de onze chambres équipées pour accueillir des patients dont les paramètres vitaux doivent en permanence être surveillés. Sûre d’elle, la jeune femme est sereine mais consciente que le pic de l’épidémie n’a pas encore été atteint: «Je ne connais pas l’ampleur du défi qui nous attend ni comment les choses vont évoluer, mais je sais en revanche que tout le monde ici est solidaire et que l’on va faire notre maximum pour que le séjour des personnes hospitalisées se déroule le mieux possible.»

Tout aussi déterminée, Michèle Bovy œuvre à quelques mètres de là. Médecin-cheffe des soins intensifs, son service a pour mission de s’occuper des patients les plus sévèrement atteints, ceux dont la vie tient parfois à un fil. Un endroit stratégique, qui demande du personnel aux compétences spécifiques et nécessite du matériel particulier. Une structure qui n’est par conséquent pas extensible comme d’autres et dont les places sont limitées. «Chacun est conscient de la période exceptionnelle que l’on vit, confie la médecin-cheffe. Cela va être une première pour tout le monde, puisque les derniers qui ont connu une épidémie de cette ampleur ne sont plus là pour en parler.»

Question d’heures

Jusqu’à mercredi, les personnes atteintes du COVID-19 n’ont heureusement pas afflué aux soins intensifs, la seule concernée ayant pu sortir du service le matin même. «Mais c’est une question d’heures, assure Michèle Bovy. Leur nombre augmente chaque jour au CHUV et il y en a maintenant dans les hôpitaux périphériques.» Ces derniers présentent une grave insuffisance respiratoire et doivent donc être pris en charge à l’aide d’appareils spéciaux, tels que les fameux respirateurs artificiels. «Aujourd’hui, on est en mesure de ventiler jusqu’à cinq patients grâce à cet outil et cinq autres avec des techniques non invasives, livre la médecin-cheffe. On pourrait également en cas de besoin récupérer du matériel similaire utilisé dans les blocs opératoires. On espère que ça va suffire. Cela n’a cependant pas été le cas en Lombardie, qui n’est pas un endroit où les ressources manquent.»

L’Italie. Source de craintes, mais aussi de précieuses informations. «Nous avons des échanges avec des médecins sur place, dévoile Valérie Klein. Cela nous aide à faire des projections. À l’Hôpital de Morges, on estime ainsi que le nombre de lits qui sera nécessaire pour les personnes atteintes du coronavirus s’élève à une centaine. Notre stratégie qui est désormais opérationnelle est de monter en puissance. On pourrait par exemple dès demain réaffecter une autre unité. Et il est possible que l’établissement soit durant quelques mois presque entièrement consacré à la lutte contre l’épidémie. Même si nous conserverons forcément une activité chirurgicale réduite pour les urgences et d’autres services que l’on ne peut pas mettre en veille, comme la maternité.»

 

«Qu’un maillon de la chaîne»

À la tête du navire, le directeur général de l’Ensemble Hospitalier de la Côte (EHC) Mikael de Rham souligne l’importance de tous les acteurs de la santé de la région dans cette lutte contre le coronavirus. «L’hôpital n’est qu’un maillon de la chaîne, précise-t-il. Ce n’est qu’en travaillant main dans la main avec les soins à domicile, les médecins installés ou encore les EMS que l’on est en capacité de faire face à ce qui nous arrive.» Mikael de Rham insiste également sur un mot: humilité. «Nous n’avons jamais fait ça. Mais on avance un pas après l’autre, avec beaucoup de sérieux. Notre rôle est de couvrir les besoins de la région en soin. Ces vingt dernières années, on s’est ajusté pour être au rendez-vous. Aujourd’hui, on ne panique pas et on fait notre job. La population peut compter sur nous, même si on espère que les gens n’en auront pas besoin en respectant de manière stricte les recommandations. Si on doit faire appel à nous, on sera là.»

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